Carnet de Claw
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Carnet de Claw
Nom : Ho- ...
Le reste est déchiré. Il ne reste plus rien de la page d'avant garde. La couverture est marquée de trois griffes parallèles ...
Dernière édition par Claw le Dim 15 Nov - 14:11, édité 9 fois

Claw- Master

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Re: Carnet de Claw
Terrae, le 4 Mars.
Bon, comment commencer ?? On ne peut pas dire que cela me ressemble d'écrire sur ce genre de trucs ! Mais enfin. Puisqu'il faut raconter, faisons le.
Pendant le discours je l'ai vu Lui. Il se fait appeller Philos maintenant. Quel que soit son nom je ne pourrai que le détester de toute manière. Mais bon. Ne nous étalons pas sur le sujet.
Ensuite, je me suis battue
J'ai fait la rencontre d'autres filles formidables, mais n'ai pu hélas revoir d'entre elles que Satchiko, avec laquelle je suis partie en mission. Nous l'avons faite avec Light, un master ( si Satchiko n'a pas un faible pour lui je crois que je me fais baptiser) et Takeshi, un autre Tonnerre.
Takeshi ... Non non non !! >< Je ne suis pas le genre de filles à couvrir les pages de son journal intime avec des coeurs ppour quelqu'un ! >< Et pourquoi je me justifie ???! Non mais c'est pas possible ! Je me justifie et je me trahis en même temps ... Super ...
Bon, juste un coeur alors.
<3
Voilà.
Bon, j'en étais où ? ><
Ensuite j'ai fait la connaissance de Yureka. Elle s'est instantanémment placée dans mes meilleurs amies, pour ne pas dire ma meilleure amie. Elle est tellement gentille ! A ses côtés, tout devient simple.
Enquite j'ai connu Yujiro, alors qu'après mon initiation, j'ai atteri dans les douches des garçons à cause d'un petit accident de téléportation.
Ils sont ensemble maintenant. Je suis contente. Même si ce cher Yujiro est devenu suuuuper mesquin avec moi ! =O Mais enfin bref ^^
Ensuite j'ai revu les aigles, et leur ai dit que je voulais me barrer du groupe. Et bien on peut dire que j'en ai bavé ! Mais bon. Je préfère ne pas étaler ça ici. Il m'arrive parfois de rêver de ce soir là, où j'ai cru que je ne pourrai jamais rentrer, et j'en ai encore des frissons. Heureusement que Violette et ... l'autre m'ont aidée. D'ailleurs elle est vraiment dingue de lui. La pauvre. Je la plains un truc de malade. Mais enfin bon.
J'ai fait aussi la connaissance de Sadek. Au début, c'était quelqu'un de bien. Trop peu confiant en lui, cependant. Je lui ai fait remarquer d'ailleurs. Mais la dernière fois ... Il a failli tuer toutes les personnes qui assistaient à notre combat, et j'ai du frôler la mort pour l'arrêter .... Mais qu'est-il devenu ? J'en ai peur, en tout cas. Et si c'était un peu de ma faute, aussi ? Ces questions me trottent dans l'esprit depuis quelques temps ....
Bon, on va arrêter le massacre maintenant.
Dernière édition par Claw le Jeu 18 Fév - 21:38, édité 1 fois

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Re: Carnet de Claw
Terrae, le 15 Mars.
Salut le truc. Si je ne t'ai pas ouvert depuis un bail c'est que je n'avais rien à te dire. Mais je pense que le moment est venu de réouvrir tes pages, pour pouvoir lâcher tout ce que j'ai sur le coeur. Finalement, tu vas peut-être servir à quelque chose ! ...
On m'a sauvé la vie. Ah oui, c'est vrai, parce que j'ai
En discutant avec Yujiro et Yureka, tellement amoureux, je me suis rendue compte que quelque chose n'allait pas, tout au fond de moi. Une petite voix que j'avais etouffée jusqu'à présent m'est revenue de plein fouet, et j'en ai tiré une conclusion : Il a fait tout ça par pitié. J'en suis sûre. Je ne vais pas l'embêter plus, je me le promets. Il a déjà trop fait pour moi pour qu'en plus je l'embête avec ce type de choses...
De qui je parle ? A ton avis, imbécile de machin ... T'es vraiment aussi bête que tu en donnes l'air.
J'ai hâte de devenir plus forte. J'en ai assez de me reposer sur les autres comme je le fais. Marre d'être un boulet, un poids. Je vais devenir forte, et je leur montrerai à tous !
Je n'ai plus envie d'écrie, finalement. Juste envie de déchirer tes pages une à une, comme si cela pouvait faire fuir mes démons intérieurs. Mais ce n'est pas en répandant ces pages recouverts de mon écriture que je pourrai effacer mon passé. J'en suis consciente.
Que faire ? Terrae me perd ...
Dernière édition par Claw le Jeu 18 Fév - 21:37, édité 1 fois

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Re: Carnet de Claw
Terrae, le 17 Avril.
Salut journal. Je crois que je devrais t'appeller "mensuel", parce qu'on ne peut pas vraiment dire que je trouve des trucs à inscrire dans tes pages au jour le jour. Ou peut être que j'ai la flemme. Je n'en sais trop rien.
Je crois que ce mois dernier fut un mois de rencontres. J'ai fait la connaissance en tout de ... 5 personnes et d'un truc poilu et hyperactif dont je parlerai plus tard.
Le premier fut Akira, que j'ai rencontré dans la salle d'entraînement avant son initiation. Tout ce que je peux dire de lui, c'est qu'il est très sympa et que ce mec est un dieu avec un sabre dans les mains ! Je me demande bien ce qu'il est devenu. J'aimerais bien lui parler de nouveau, histoire qu'on échange deux-trois techniques de combat.
La deuxième fut Itaku. J'ai cru comprendre qu'ils étaient amis d'enfance. Je ne la connais pas trop, mais tout ce que j'ai pu échanger avec elle fut pour moi source de réflexions, et également d'une aide précieuse. Je l'aime bien. Je crois qu'on se ressemble en beaucoup. Le seul truc qui me dérange est qu'elle soit tombée eperdument amoureuse de cet imbécile. La pauvre. J'espère sincèrement qu'elle cherchera ailleurs parce que ce mec c'est un enf cas.
Ensuite, j'ai rencontré Kazuuya, que j'ai revu après. Sous ses airs de drageur invétéré, il a un grand coeur. Et puis il suffit de se laisser mater un peu, d'aller boire un verre avec lui, et il déclenche une bagarre direct ! Sans dec', ce mec je l'adore, il me fait trop rire. Il m'a aussi promis de venir me voir dans pas longtemps pour qu'on fête mon anniversaire ensemble. Il faudrait d'ailleurs que je pense à me renseigner, histoire de connaître cette foutue date, ça pourrait être utile. J'attends, désormais. Oubliera-t-il ? J'espère sincèrement que non. Ce serait la première fois qu'on me souhaite mon anniversaire !
J'ai ensuite rencontré Yuki. D'après e que je sais, elle sort avec Akira et connaît bien Itaku. C'est elle qui m'a donné un sacré coup de main pour me dire comment m'occuper de la bestiole dont je parlerai ensuite. elle est vraiment gentille, je suis contente qu'elle soit avec Akira, ils doivent bien se compléter tous les deux.
J'ai enfin rencontré Natsume, un novice. Dans le type beau brun ténébreux renfermé sur lui même, je crois qu'on ne peut pas faire mieux ! Mais il est vraiment sympa, il suffit juste de le connaître, et lorsqu'il s'ouvre à vous c'est vraiment un gars bien.
Je me suis fait adopter. C'est grave journal ? Une petite panthère nébuleuse noire (j'en avais jamais entendu parler avant de ces machins là) m'a sauté dessus alors que je me promenais en fôret. D'ailleurs c'est Yujiro qui m'a convaincue de la garder avec moi. En sondant les pensées de cette petite bête, il a découvert que toute sa famille avait péri dans un incendie, et que seule cette petite avait survécu. Elle s'est immédiatement liée à moi, aussi je n'ai pas pu m'en détacher. Yujiro l'a nommée Konoyo, "monde des vivants", en souvenir de l'épreuve qu'elle a traversé. j'ai dailleurs pu en apprendre plus sur la vie de mon meilleur amie, et j'en suis heureuse. Il a enfin pu partager des trucs avec moi ! J'ai enfin l'impression que notre amitié n'est plus à sens unique. D'ailleurs, il a gagné en classe le Yujiro ! Un truc de malade.
Je viens de revoir celui qui a tenté de me tuer. Je l'ai rencontré dans la cafet'. Attention à lui si il me cherche des noises ... Je ne suis plus la même qu'avant.
Parce que oui ! Je suis passée Etoile ! J'ai gagné en puissance et en maîtrise, ceretes, mais je me sens différente d'avant. Je me sens .. Harmonieuse. Fluide. Imperceptible. C'est vraiment bizarre. J'ai aussi gagné une démarche et un déanché de déesse, ainsi que la voix qui allait avec. Je m'en serais bien passé tiens. Mais je me suis rendue compte que tous les masters avaient ces trucs ... en plus. Cela veut dire que je me rapproche enfin d'eux, avec mon passage au rang d'Etoile ... Je suis contente.
J'ai désormais signé son arrêt de mort. La prochaine fois que je le vois, je crois que je le tue. Rien que pour lui faire comprendre toute la douleur que j'ai éprouvé quand il m'a abandonnée, et après. Je pense que je le déteste de plus en plus. Ce sentiment me ronge de l'intérieur, bientôt je ne vivrai plus que pour ça, et je veux à tout prix l'éviter.
Et Takeshi que je ne revois pas ... C'est fou comme il me manque. Depuis ... La errrrm ... dernière fois >.> Cependant, on part en mission avec Etsuko, Yujiro et .... Lui ! ^^ Le seul bémol c'est que c'est un tour des familles. J'ai plus que tout envie de voir leur tête outrée lorsqu'ils verront leur fille qu'ils croyaient déjà morte et enterrée revenir pour leur passer le bonjour et embarquer quelques affaires au passage.
Note à moi même : Prendre un appareil photo.
Terrae, tu changes les gens ! C'est bien rare que j'écrive autant.
Notes :
°200 ml lait de vache+500 ml lait de chère, à température abiante./!\ Trouver un biberon !
°Acheter arbre à chat ou trouver bûche
°Faire une panière pour la demoiselle qui me saccage mon tiroir à chaussettes !

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Re: Carnet de Claw
[u]Terrae, le 2 Mai.[/u]
D
Je n'arrive plus à rien. J'ai tout perdu, honneur et fierté. Je ne sais plus écrire. Je ne sais plus rire comme avant. Je ne sais plus rien. Je l'ai perdu lui. Je suis en train de me perdre. Mais je sais encore me battre. Compte sur moi pour remonter la pente. Je ne suis plus Kasumi de Terrae. Je l'ai enfermée dans cette boîte. Cette boîte de souvenirs et de douleur, de souffrance et de haine.
Je redeviens Kasumi des aigles. Je vais me battre. Comme toujours. Toute seule. Mes rêves sont brisés, mes espoirs déchus. Attention à vous, Kasumi revient, bâton à la main ... Et plus rien ne sera comme avant.
Dernière édition par Claw le Jeu 18 Fév - 21:41, édité 1 fois

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Re: Carnet de Claw
Quelque part dans ma tête... Le 4 Juillet.
Suis-je encore à Terrae ? Ou dois-je considérer que je n'en fais plus partie ? Suis-je vivante ? Suis-je morte ce jour de pluie ?
Toutes ces questions trottent dans ma tête, et ce n'est que maintenant que je prends le temps d'écrire là dedans. Je ne veux plus. Je ne suis plus attachée à quoi -ou qui- que ce soit ici.
Je suis libre. Je suis ...
Qui suis-je vraiment, finalement, si ce n'est un monstre ? On a dû m'envoyer ici pour faire souffrir les innocents qu'on ne savait châtier pour des crimes qu'ils n'avaient pas commis. La seule chose dont je suis sûre, c'est d'être d'une cruauté et d'une bêtise sans limite.
Je dois mourir. J'aurais dû mourir. Si je suis incapable de les aider en m'en allant pour de bon, je n'ai qu'à partir.
Mais une seule chose me retient encore, une seule chose m'oblige à rester, une seule chose les oblige à souffrir.
Lui.
Je veux Lui parler. Lui faire payer tout ce qu'il m'a fait. Comprendre. Comprendre pourquoi, ce jour d'été ... Comprendre pourquoi Il est parti, m'abandonnant de la pire des manières, me laissant seule, à la portée de l'ignominie des pires des Hommes, mes parents, et des pires du reste, les Aigles.
Je suis forte. Grâce à Frost. Lui me comprend. Lui m'aide. Grâce à Frost je vais pouvoir comprendre mon frère.
Et le tuer si nécessaire.
Je veux mourir, journal. Tous les soirs, lorsque je m'endors avec Konoyo, dehors, je regarde les étoiles ... Et je me rends compte qu'aucune ne brille autant que Lui. Il était ma source de vie. Le créateur de cette énergie que je m'entraîne aujourd'hui à dompter.
Il était Tout.
Et je l'ai perdu.
Je ne suis Rien. Rien du tout.
Seuls les rêves d'une autre me poussent à ne pas me laisser mourir.
Je suis pitoyable.
Je ne mérite que la mort.
Hier j'étais faible et heureuse. Aujourd'hui je suis forte mais je ne suis rien. Faites que je ne me réveille pas demain ... La lumière du Soleil m'aveugle.

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Affinité: Tu connais les coups de foudre ? J'en suis un au sens propre !
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Re: Carnet de Claw
Je suis Claw.
Je ne suis plus rien.
Je suis Claw.
Je suis un monstre.
Je suis Claw.
Qui suis-je devenue ?
Je suis Claw.
Je ne me laisserai pas faire !
Je suis Claw.
Mes pouvoirs prennent le contrôle.
Je suis Claw.
L'aigle était un cadeau empoisonné.
Je suis Claw.
Je n'utiliserai plus jamais mes pouvoirs. Je ne leur ferai jamais du mal.
Je suis Claw.
Il fait tellement froid dans mon coeur et dans ma tête ...
Je suis Claw.
Je suis tellement plus forte...
Je suis Claw.
Plus rapide.
Je suis Claw.
Plus dangereuse. Tellement plus dangereuse.
Je suis Claw.
Je ne dois pas me laisser griser ! Je résisterai !
Je suis Claw.
La puissance ne me rendra pas folle.
Je suis Claw.
Parce que Lui est là. Je l'aime. Il m'empêche de sombrer dans la folie. Je l'aime ! Je ne me laisserai plus faire.
Nous sommes Claw.

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Re: Carnet de Claw
Enregistrement # 0001-Par Kudan, 4 Janvier 2010.
[L'écran s'allume par grésillements. L'image est floue, puis finit par se stabiliser. L'objet qui filme est posé sur le siège passager d'une voiture de sport. L'intérieur est éclairé par la lumière du jour qui s'affaiblit de plus en plus. La caméra parcourt l'intérieur brièvement, nous faisant voir par brefs instants le paysage qui défile à toute allure dehors. Le rugissement du moteur sert de fond sonore. La caméra finit par se stabiliser sur un visage, un visage terne et sans expression. Une jeune femme, les cheveux blancs et les yeux verts étincelants a une main sur le volant, la seconde tenant sa tête, le coude coincé contre la portière. La jeune femme est reconnue par le processeur interne comme l'utilisateur principal. Son attention est toute entière rivée sur la route, mais elle est pensive. On aperçoit sur ses joues la trace encore humide de ses larmes. La caméra émet un faible couinement pour signaler à son utilisateur son réveil. La jeune femme tourne vivement la tête vers le siège, surprise. ]
"Kudan ? Pourquoi est-ce que tu t'es allumé ? Et qu'est ce que tu fais là ?!..."
[Nouveaux couinements, à différentes modulations.La jeune femme soupire.]
"Je vois. Désolée de t'avoir oublié dans ce cas."
[Un silence. La jeune femme regarde alors l'objet avec suspicion.]
"Tu enregistres ? Kudan, arrête ça, un Master pourrait nous repérer, s'exclame-t-elle soudain, inquiète. Arrêt de l'enregistrement immédiat !"
[Nouveau couinement. La caméra se tourne vers l'extérieur, on aperçoit de grandes montagnes à l'horizon. On devine au paysage que l'individu se situe en Chine centrale, et roule vers l'Himalaya. Grésillement, l'enregistrement s'arrête après un nouveau plan sur le visage fermé de l'utilisateur principal.]
_Données transmises_
Enregistrement #0001 -Par Kudan-Fin.
[L'écran s'allume par grésillements. L'image est floue, puis finit par se stabiliser. L'objet qui filme est posé sur le siège passager d'une voiture de sport. L'intérieur est éclairé par la lumière du jour qui s'affaiblit de plus en plus. La caméra parcourt l'intérieur brièvement, nous faisant voir par brefs instants le paysage qui défile à toute allure dehors. Le rugissement du moteur sert de fond sonore. La caméra finit par se stabiliser sur un visage, un visage terne et sans expression. Une jeune femme, les cheveux blancs et les yeux verts étincelants a une main sur le volant, la seconde tenant sa tête, le coude coincé contre la portière. La jeune femme est reconnue par le processeur interne comme l'utilisateur principal. Son attention est toute entière rivée sur la route, mais elle est pensive. On aperçoit sur ses joues la trace encore humide de ses larmes. La caméra émet un faible couinement pour signaler à son utilisateur son réveil. La jeune femme tourne vivement la tête vers le siège, surprise. ]
"Kudan ? Pourquoi est-ce que tu t'es allumé ? Et qu'est ce que tu fais là ?!..."
[Nouveaux couinements, à différentes modulations.La jeune femme soupire.]
"Je vois. Désolée de t'avoir oublié dans ce cas."
[Un silence. La jeune femme regarde alors l'objet avec suspicion.]
"Tu enregistres ? Kudan, arrête ça, un Master pourrait nous repérer, s'exclame-t-elle soudain, inquiète. Arrêt de l'enregistrement immédiat !"
[Nouveau couinement. La caméra se tourne vers l'extérieur, on aperçoit de grandes montagnes à l'horizon. On devine au paysage que l'individu se situe en Chine centrale, et roule vers l'Himalaya. Grésillement, l'enregistrement s'arrête après un nouveau plan sur le visage fermé de l'utilisateur principal.]
_Données transmises_
Enregistrement #0001 -Par Kudan-Fin.

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Re: Carnet de Claw
"Le regard vide, j’observais, impassible, ces gens me prendre la seule chose qu’il me restait. Mes souvenirs, un à un, s’envolèrent, résonnant en moi comme les pas froids de mes amis qui avaient quitté l’infirmerie la veille, me laissant seule, solitaire, plongée dans mes tristes pensées délaissées de toute raison.
Enfin, la lumière dorée qui m’entourait, qui m’illuminait, s’estompa, et je tombai au sol dans un bruit sourd. Avant que le néant ne m’emporte, j’aperçus ces hommes en noir qui m’étaient désormais inconnus s’approcher de moi, et l’un d’eux, se découvrant, murmura un nom. Mon nom… ? Ses cheveux blancs bougèrent doucement, suivant le courant d’un vent inexistant, et un faible sourire vint étirer ses lèvres, me soufflant que tout allait à présent bien se passer. Je sombrais alors, dans un sentiment profond d’inquiétude, effrayée face à ce nouveau monde que je ne reconnaissais plus. »
Lorsque je me réveillai, j'étais allongée sur un canapé miteux, le jour qui se levait faisant rebondir les rayons du soleil sur mon visage. J'ouvris un oeil, puis un autre, avec une horrible sensation de migraine imminente. Je serrai les dents lorsque la douleur attendue s'immisça dans mon crâne, avant de me redresser doucement. Je connaissais cet endroit à la perfection.
C'était une salle derrière le QG des aigles. Les murs d'acier sale de l'ancien entrepôt désaffecté sentaient encore l'alcool et le sang. Je me frottai la tête, n'ayant pas la moindre idée de comment j'avais atterri ici. Et quel rêve étrange ! Ces personnes encapuchonnées, et l'une d'entre elle ressemblant à Hikaru .. Cette lumière dorée ... Cette douleur, cette tristesse ... Je secouai la tête.
Je devais avoir eu une sale soirée, à en juger par les cadavres de bouteilles au sol, et ce mal de tête avait donc une parfaite explication. Je m'assis sur le canapé, les coudes sur les genoux, émergeant doucement de mon sommeil, ne comprenant pas cette sensation de malaise.
Je compris soudain. L'odeur d'alcool venait de dehors. On avait vidé le contenu de ces bouteilles à l'extérieur, par la fenêtre, laissant les bouteilles ici. A moins que ce soit Koïchi qui ait encore mal supporté la bière occidentale. Ce pensée m'arracha un léger rire que mes oreilles jugèrent rauque et trop peu harmonieux. Je ne comprenais pas les réactions de mon corps ce matin décidemment. Ca avait toujours été mon rire pourtant.
J'aperçus le petit lavabo au bout de la pièce, et le contemplai quelques secondes avec envie. J'aurais bien aimé me réveiller à grands coups d'eau glacée sur le visage, mais ne savais pas trop si je tiendrais sur mes jambes jusqu'au bout de la petite pièce. Je me levai doucement, avant d'esquisser un pas, puis deux, puis de finalement traverser la pièce sans la moindre difficulté, en à peine un souffle. Je fronçai les sourcils. Je ne savais pas que je marchais aussi vite moi. Je secouai la tête. Décidément faut que j'arrête l'alcool. Je fis couler de l'eau dans le lavabo, et calai mes cheveux longs (longs ?!...) contre mon épaule pour boire tranquillement. Je me lavai le visage, me le séchai avec le bas de mon débardeur vert.
Je soulevai le bas de mon jean troué pour regarder mes jambes, encore étonnée par cette subite vitesse. Je ne trouvai rien de particulier (de toute manière, à quoi aurais-je pu m'attendre ? à des poids ? ridicule...)
Ce fut Koïchi entrant brusquement dans la salle qui me tira de ma rêverie. En me voyant, il parut un instant étonné (quoi ? ma coiffure est vraiment aussi bizarre que ça ?...) avant de me sourire.
- Ha ben t'es de retour finalement !
- Je ... J'ai toujours été là, bredouillai-je un instant, déconcertée par ce qu'il me disait, ne comprenant pas son exclamation.
Il me regarda quelques instants, avant de hausser les épaules et de sourire, apparemment satisfait pour une raison inconnue de ma réponse.
- Bah, de toute manière, toi ... dit-il avec un sourire. Bon, ça te dit d'aller faire un tour en ville ? J'ai pas envie d'être là quand il ils vont élire le remplaçant pour Atsuhi, maintenant qu'il est parti ... Et vaudrait mieux pas que tu soies là toi aussi à ce moment, ce serait bête que tu te retrouves chef, dit-il en se moquant avec douceur.
Je le regardai, sonnée.
- Mais ... Mais c'est pas Kinuta le chef ?
Ce fut à lui de me regarder comme si j'avais un poulpe sur la tête. (Ouais, je le savais, c'est bien les cheveux ... Moi aussi ça me choque) Il agita sa main devant mes yeux verts interrogateurs.
- Woh hé ! Réveille toi ! C'est toi qui l'a viré, avec un pote, Atsuhi et moi. Atsuhi a repris le pouvoir quelques temps, mais il s'est finalement barré de nouveau, soupira-t-il. Dommage.
- Atsuhi est vivant ?! m'étranglai-je.
Il se frappa le front de la paume de la main, apparemment désespéré.
- Hé, Kasu' ... arrête l'alcool, hein, sérieux. A moins que tu te sois remis à prendre les trucs de Inoïchi ? Je t'avais dit de pas retomber là dedans, merde !... dit-il, très sérieux, me prenant par les épaules.
J'eus un rire désabusé que je ne reconnus pas, avant de lui prendre les mains pour les enlever de mes épaules.
- Je n'ai rien pris, je te jure. Je dois juste avoir une sale gueule de bois, voilà tout.
Je le regardai, m'exclamant soudain :
- File moi ton couteau !
Interloqué, méfiant, il me le tendit. D'un geste précis, je pris mes cheveux, et les coupai au niveau de la nuque. Je jetai la masse blanche dans un coin de la salle, avant de m'ébouriffer les cheveux, avec un soupir de soulagement.
- Pfiou ça va mieux ! J'en rêvais.
Je lui rendis son couteau tandis que lui grommelait.
- C'est du gâchis, tu ressemblais enfin à une fille, dit-il avec un sourire.
Je lui frappai l'épaule avec un sourire.
- Hé ! Fais gaffe ou je te latte dans la bulle, la prochaine fois qu'on ira.
- Tu parles ! Je serai capable de t'avoir sans problèmes.
- C'est ce qu'on verra, rétorquai-je avec un rire.
Nous finîmes par sortir de l'entrepôt en nous chamaillant, comme d'habitude. Un sentiment de plénitude m'envahit, faisant légèrement se dissiper mon inquiétude quant à ma gueule de bois un peu trop virulente. Nous nous rendîmes finalement à Shinjuku, devant un écran géant qui diffusait les dernières infos. J'allumai une cigarette en compagnie de Koïchi, tirant quelques bouffées, discutant de tout et de rien. Soudain, une impression désagréable m'envahit. Je jetai ma cigarette comme si elle était soudain empoisonnée, ma respiration ayant augmenté, les yeux écarquillés.
Koïchi me regarda.
- T'es sûre que t'as pas repris la marchandise d'Inoïchi toi ? me demanda-t-il en haussant un sourcil.
Je finis par me calmer, ne comprenant pas ce qui m'était arrivé.
- J'ai eu l'impression ... De me disputer avec quelqu'un de cher ... A cause de ça ... dis-je d'une voix faible. Pas toi, mais un peu comme toi ... Je ...
Je secouai la tête.
- Je deviens folle.
Des êtres chers ? Et puis quoi encore ! J'eus un léger rire amer. J'en avais pas besoin.
La présentatrice, sur l'écran géant, annonça un nouveau vol de Dark, le mystérieux voleur d'Osaka. Je regardai l'écran, vaguement intéressée. Alors que je fixais une énième vidéo amateur prise lors du vol (bien peu étaient réellement intéressantes, on ne voyait souvent qu'une vague silhouette sur un toit ...), une étonnante sensation de bonheur m'envahit. De bonheur, puis de douleur pure. Une larme roula sur ma joue sans que je comprenne pourquoi... Je ne pensai pas à l'essuyer, toute absorbée par cette vidéo diffuser que peu regardaient, trop occupés à fixer leurs chaussures pour lever les yeux vers le ciel ... Et vers un éclat violet que j'avais aperçu un millième de seconde.
Ses yeux.
Ce fut à ce moment là que tout se brisa. Je me tournai vers Koïchi, qui discutait avec animation avec quelqu'un que je ne connaissais pas. Je clignais des yeux, et j'avais devant moi Dark, en compagnie d'une jeune fille aux cheveux noirs et à l'air adorable, tenant la main à un jeune homme eux cheveux noirs, calme, un léger sourire aux lèvres.
Je n'étais plus à Shinjuku. J'étais ... Dans un endroit sublime. Un endroit que je connaissais... mais que je ne pouvais reconnaître. Les larmes me montèrent aux yeux.
Ils m'appelaient tous, tous par un nom que je ne connaissais pas.
"Claw..."
Je me mis à hurler.
Lorsque j'ouvris les yeux, j'étais assise sur mon lit, les yeux écarquillés. J'avais hurlé, j'étais couverte de transpiration, une fine pellicule qui imbibait tout mon corps.
Cette nuit là, j'ai rêvé que j'ai perdu mes souvenirs.
Ce fut le début d'une longue série de cauchemars.
Enfin, la lumière dorée qui m’entourait, qui m’illuminait, s’estompa, et je tombai au sol dans un bruit sourd. Avant que le néant ne m’emporte, j’aperçus ces hommes en noir qui m’étaient désormais inconnus s’approcher de moi, et l’un d’eux, se découvrant, murmura un nom. Mon nom… ? Ses cheveux blancs bougèrent doucement, suivant le courant d’un vent inexistant, et un faible sourire vint étirer ses lèvres, me soufflant que tout allait à présent bien se passer. Je sombrais alors, dans un sentiment profond d’inquiétude, effrayée face à ce nouveau monde que je ne reconnaissais plus. »
Lorsque je me réveillai, j'étais allongée sur un canapé miteux, le jour qui se levait faisant rebondir les rayons du soleil sur mon visage. J'ouvris un oeil, puis un autre, avec une horrible sensation de migraine imminente. Je serrai les dents lorsque la douleur attendue s'immisça dans mon crâne, avant de me redresser doucement. Je connaissais cet endroit à la perfection.
C'était une salle derrière le QG des aigles. Les murs d'acier sale de l'ancien entrepôt désaffecté sentaient encore l'alcool et le sang. Je me frottai la tête, n'ayant pas la moindre idée de comment j'avais atterri ici. Et quel rêve étrange ! Ces personnes encapuchonnées, et l'une d'entre elle ressemblant à Hikaru .. Cette lumière dorée ... Cette douleur, cette tristesse ... Je secouai la tête.
Je devais avoir eu une sale soirée, à en juger par les cadavres de bouteilles au sol, et ce mal de tête avait donc une parfaite explication. Je m'assis sur le canapé, les coudes sur les genoux, émergeant doucement de mon sommeil, ne comprenant pas cette sensation de malaise.
Je compris soudain. L'odeur d'alcool venait de dehors. On avait vidé le contenu de ces bouteilles à l'extérieur, par la fenêtre, laissant les bouteilles ici. A moins que ce soit Koïchi qui ait encore mal supporté la bière occidentale. Ce pensée m'arracha un léger rire que mes oreilles jugèrent rauque et trop peu harmonieux. Je ne comprenais pas les réactions de mon corps ce matin décidemment. Ca avait toujours été mon rire pourtant.
J'aperçus le petit lavabo au bout de la pièce, et le contemplai quelques secondes avec envie. J'aurais bien aimé me réveiller à grands coups d'eau glacée sur le visage, mais ne savais pas trop si je tiendrais sur mes jambes jusqu'au bout de la petite pièce. Je me levai doucement, avant d'esquisser un pas, puis deux, puis de finalement traverser la pièce sans la moindre difficulté, en à peine un souffle. Je fronçai les sourcils. Je ne savais pas que je marchais aussi vite moi. Je secouai la tête. Décidément faut que j'arrête l'alcool. Je fis couler de l'eau dans le lavabo, et calai mes cheveux longs (longs ?!...) contre mon épaule pour boire tranquillement. Je me lavai le visage, me le séchai avec le bas de mon débardeur vert.
Je soulevai le bas de mon jean troué pour regarder mes jambes, encore étonnée par cette subite vitesse. Je ne trouvai rien de particulier (de toute manière, à quoi aurais-je pu m'attendre ? à des poids ? ridicule...)
Ce fut Koïchi entrant brusquement dans la salle qui me tira de ma rêverie. En me voyant, il parut un instant étonné (quoi ? ma coiffure est vraiment aussi bizarre que ça ?...) avant de me sourire.
- Ha ben t'es de retour finalement !
- Je ... J'ai toujours été là, bredouillai-je un instant, déconcertée par ce qu'il me disait, ne comprenant pas son exclamation.
Il me regarda quelques instants, avant de hausser les épaules et de sourire, apparemment satisfait pour une raison inconnue de ma réponse.
- Bah, de toute manière, toi ... dit-il avec un sourire. Bon, ça te dit d'aller faire un tour en ville ? J'ai pas envie d'être là quand il ils vont élire le remplaçant pour Atsuhi, maintenant qu'il est parti ... Et vaudrait mieux pas que tu soies là toi aussi à ce moment, ce serait bête que tu te retrouves chef, dit-il en se moquant avec douceur.
Je le regardai, sonnée.
- Mais ... Mais c'est pas Kinuta le chef ?
Ce fut à lui de me regarder comme si j'avais un poulpe sur la tête. (Ouais, je le savais, c'est bien les cheveux ... Moi aussi ça me choque) Il agita sa main devant mes yeux verts interrogateurs.
- Woh hé ! Réveille toi ! C'est toi qui l'a viré, avec un pote, Atsuhi et moi. Atsuhi a repris le pouvoir quelques temps, mais il s'est finalement barré de nouveau, soupira-t-il. Dommage.
- Atsuhi est vivant ?! m'étranglai-je.
Il se frappa le front de la paume de la main, apparemment désespéré.
- Hé, Kasu' ... arrête l'alcool, hein, sérieux. A moins que tu te sois remis à prendre les trucs de Inoïchi ? Je t'avais dit de pas retomber là dedans, merde !... dit-il, très sérieux, me prenant par les épaules.
J'eus un rire désabusé que je ne reconnus pas, avant de lui prendre les mains pour les enlever de mes épaules.
- Je n'ai rien pris, je te jure. Je dois juste avoir une sale gueule de bois, voilà tout.
Je le regardai, m'exclamant soudain :
- File moi ton couteau !
Interloqué, méfiant, il me le tendit. D'un geste précis, je pris mes cheveux, et les coupai au niveau de la nuque. Je jetai la masse blanche dans un coin de la salle, avant de m'ébouriffer les cheveux, avec un soupir de soulagement.
- Pfiou ça va mieux ! J'en rêvais.
Je lui rendis son couteau tandis que lui grommelait.
- C'est du gâchis, tu ressemblais enfin à une fille, dit-il avec un sourire.
Je lui frappai l'épaule avec un sourire.
- Hé ! Fais gaffe ou je te latte dans la bulle, la prochaine fois qu'on ira.
- Tu parles ! Je serai capable de t'avoir sans problèmes.
- C'est ce qu'on verra, rétorquai-je avec un rire.
Nous finîmes par sortir de l'entrepôt en nous chamaillant, comme d'habitude. Un sentiment de plénitude m'envahit, faisant légèrement se dissiper mon inquiétude quant à ma gueule de bois un peu trop virulente. Nous nous rendîmes finalement à Shinjuku, devant un écran géant qui diffusait les dernières infos. J'allumai une cigarette en compagnie de Koïchi, tirant quelques bouffées, discutant de tout et de rien. Soudain, une impression désagréable m'envahit. Je jetai ma cigarette comme si elle était soudain empoisonnée, ma respiration ayant augmenté, les yeux écarquillés.
Koïchi me regarda.
- T'es sûre que t'as pas repris la marchandise d'Inoïchi toi ? me demanda-t-il en haussant un sourcil.
Je finis par me calmer, ne comprenant pas ce qui m'était arrivé.
- J'ai eu l'impression ... De me disputer avec quelqu'un de cher ... A cause de ça ... dis-je d'une voix faible. Pas toi, mais un peu comme toi ... Je ...
Je secouai la tête.
- Je deviens folle.
Des êtres chers ? Et puis quoi encore ! J'eus un léger rire amer. J'en avais pas besoin.
La présentatrice, sur l'écran géant, annonça un nouveau vol de Dark, le mystérieux voleur d'Osaka. Je regardai l'écran, vaguement intéressée. Alors que je fixais une énième vidéo amateur prise lors du vol (bien peu étaient réellement intéressantes, on ne voyait souvent qu'une vague silhouette sur un toit ...), une étonnante sensation de bonheur m'envahit. De bonheur, puis de douleur pure. Une larme roula sur ma joue sans que je comprenne pourquoi... Je ne pensai pas à l'essuyer, toute absorbée par cette vidéo diffuser que peu regardaient, trop occupés à fixer leurs chaussures pour lever les yeux vers le ciel ... Et vers un éclat violet que j'avais aperçu un millième de seconde.
Ses yeux.
Ce fut à ce moment là que tout se brisa. Je me tournai vers Koïchi, qui discutait avec animation avec quelqu'un que je ne connaissais pas. Je clignais des yeux, et j'avais devant moi Dark, en compagnie d'une jeune fille aux cheveux noirs et à l'air adorable, tenant la main à un jeune homme eux cheveux noirs, calme, un léger sourire aux lèvres.
Je n'étais plus à Shinjuku. J'étais ... Dans un endroit sublime. Un endroit que je connaissais... mais que je ne pouvais reconnaître. Les larmes me montèrent aux yeux.
Ils m'appelaient tous, tous par un nom que je ne connaissais pas.
"Claw..."
Je me mis à hurler.
Lorsque j'ouvris les yeux, j'étais assise sur mon lit, les yeux écarquillés. J'avais hurlé, j'étais couverte de transpiration, une fine pellicule qui imbibait tout mon corps.
Cette nuit là, j'ai rêvé que j'ai perdu mes souvenirs.
Ce fut le début d'une longue série de cauchemars.
Ecrit sur une feuille blanche trouvée à la va-vite. Première page de mon carnet de rêves.

Claw- Master

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Affinité: Tu connais les coups de foudre ? J'en suis un au sens propre !
Rang: Traqueuse sans pitié ... Tu ne m'échapperas pas.

Re: Carnet de Claw
Enregistrement #002- Par Kudan.
[L’image se brouille, se stabilise au bout de quelques secondes. Une jeune femme, les cheveux blancs et les yeux verts étincelants se pose devant le champ de la caméra, s’assure que tout filme bien avant de commencer à parler. Autour d’elle, il fait jour, et le Soleil éclaire un intérieur sommaire, dont on ne voit qu’un bout de matelas, et des affaires de toilette posées non loin. L’intérieur est en bois, parquet, murs. Une fenêtre au carreau cassé nous montre un paysage sauvage et un ciel bleu azur. Le vent souffle dehors, des volutes de terre s’élèvent en panache de fumée derrière la vitre. La jeune femme commence alors, après une grande inspiration. Sa voix, un peu tremblante, prend en assurance au fur et à mesure de son récit.]
« J'ai décidé de faire un bilan, et, comme je n'ai pas de papier sous la main pour écrire, tout mon stock étant passé dans mon carnet de rêves, j'ai décidé d'utiliser Kudan. Après tout, il faut bien que sa caméra serve à quelque chose !..."
[Elle soupire légèrement]
"Tant de temps passé sans eux. Le temps s’écoule lentement, et bien que je ne cheche pas à le compter, j’ai l’impression de vivre la même agonie deux fois plus. Je l’ai mérité, je l’affirme sans aucun doute. Mais je me suis jurée d’oublier …
J’ai pris le ferry jusqu’à Tokyo, puis roulé de Tokyo à Katmandou, au Népal. Mes papiers en règle aidant, j’ai pu m’enfoncer dans les montages sèches sans me soucier d’autre chose que de la vitesse à laquelle je roulais et aux paysages arides autour de moi.
La vue de ce désert m’apaise, comme autrefois les murs blancs de ma chambre. La mort omniprésente cache sous elle des parcelles de vie que j’ai appris à repérer, comme si l’espoir se cachait sous chaque pierre plate de ce paysage entre vie et mort, entre désespoir et sérénité.
J’ai mis en place la première phase de mon plan. J’ai tout d’abord trouvé un plateau isolé, en haut duquel gisaient les restes d’une maison frappée par la foudre. L’air, à cette altitude, était pur, sain, et la vue imprenable. De plus, j’étais tranquille : pas de village avant des kilomètres… J’étais seule au monde. »
[Le visage de la jeune femme se teinte alors d‘un mélange de nostalgie, de douleur, le regard dans le vide. Son expression semble indiquer qu‘elle revit des souvenirs. Au bout de quelques instants, elle se reprend.]
« Après avoir rebâti cette maison durant une longue journée -je n’avais réhabilité qu’une toute petite partie de la maison, dans laquelle j’installai des affaires achetées précédemment-, je m’endormis pour la première fois de ma vie en regardant les étoiles. Le frais ne me dérangeait pas, j’y étais habituée, et le plateau sur lequel je m’étais installée était à l’abri du vent-un vrai coin de paradis … Si la foudre ne frappait pas ici aussi souvent.
L’avantage, c’est que si la foudre tombe, on ne se demandera pas pourquoi, avais-je pensé. Comme ça, sur ce plan là aussi, je suis tranquille.
Ma fuite m’avait mis dans un état entre l’hébétude et l’instinct de survie - comme plongée dans un brouillard sans pour autant perdre une quelconque clarté de jugement, au contraire même. Là où j’étais passée, bien peu avaient vu la Porsche sombre traverser les paysages morts … On ne pourrait me retrouver.
La semaine qui avait suivi avait été similaire. J’avais petit à petit entassé des affaires (volées, ou achetées, selon le temps, la patience et l’humeur), réparé la maison pour avoir quatre vrais murs autour de moi, que j’avais cependant pris le réflexe de tout dissimuler sous les débris du reste de la maison, histoire d’être tranquille et protégée. J’avais aussi caché ma voiture dans une anfractuosité de la roche, trouvé un coin où coulait de l’eau claire, petite cascade d’eau gelée non loin de mon plateau, et parfaitement accessible.
Maintenant que j’étais installée, je pouvais commencer.
Le reste du temps fut une longue bataille entre moi et mes pouvoirs. Je les utilisais, au maximum, m’épuisais, me battais, tout ça pour éviter de craquer, pour éviter de redevenir un monstre. Ce que j’appelais autrefois Claw, ce n’était que mon incapacité à me contrôler. J’étais Claw. Voilà ce que j’essayais autrefois de me faire comprendre …
Ce fut tout sauf agréable. Lorsque je sentais que j’allais craquer, je me forçais à expulser mes pouvoirs d’un seul coup pour tomber évanouie, afin de ne blesser personne -pour autant que je croise quelqu’un ici…
Puis finalement, ma guérison est arrivée. Tout doucement, d’abord, timide. Mais je sentais une amélioration. Puis je commençai à sentir ce dont me parlaient autrefois les Masters que j’avais croisé.
L’Harmonie absolue.
L’acuité des sens.
Les réflexes hors du commun, je les contrôle enfin. Je vois enfin le monde se découper dans une netteté glacée ou brûlante, j’arrive enfin à faire le point sur ce que les Masters considèrent comme leur environnement.
J’ai aussi bien mieux réussi à communiquer avec Kudan. » [La caméra émet un gazouillis étrange] « Mes pouvoirs s’étant améliorés, je comprends mieux sa façon de fonctionner, et je pense bien pouvoir réussir à l’améliorer, il me faut seulement en savoir plus sur la robotique. Ce domaine commence vraiment à me passionner... » [Nouveau gazouillis, plus strident. La jeune femme ferme un œil et fait semblant de se protéger de l‘agression de la caméra qui volète dans sa direction. ] [color#dbb10a]« Oui, c’est bon, je sais, j’ai compris, promis, pas trop de modifications. »[/color]
[Gazouillis de nouveau. La jeune femme s‘autorise un léger sourire, puis reprend.]
« Les voix dans ma tête ont pris en ampleur aussi, mais sont bien plus contrôlables. Je me maîtrise enfin, mes pouvoirs, je les contrôle enfin. »
[La jeune femme soupire, puis reprend.]
« Cependant, je n’avais toujours pas testé la puissance de la greffe, qui me faisait peur. Je n’avais pas sorti mes griffes depuis que j’avais tué … » [Elle marque une pause avant de prononcer la suite.] « … mes parents et mon frère, et ne m’en remettais pas. Ces griffes représentent le plus grand échec contre moi-même, représentent toute ma douleur, représentent la chute dont je tente de m’extraire depuis environ un mois.
J’ai cependant décidé d’affronter cette peur, ma volonté de devenir enfin moi-même étant plus forte que tout...
Ca a été le pire moment de ma vie depuis longtemps, si on ne considère pas un des … évènements …» [La jeune femme ne montre rien, mais ses yeux perdent en intensité] « … qui avait précédé mon départ de Terrae.
J’ai finalement réussi à surpasser ma greffe. Je préfère … éviter les détails. » [La jeune fille grimace en portant brièvement son regard sur une portion du mur en bois labouré par les traces de griffes.]
« Mais désormais la première partie de mon plan est terminée. Je pourrais presque revenir maintenant, mais … Il me reste quelque chose à faire. »
[Elle détourne le regard quelques instants, se mordant la lèvre inférieure. Lorsqu‘elle reporte son regard sur la caméra, elle est déterminée.]
« Dark. » [Elle a énormément de mal à prononcer ce nom, fronce les sourcils, ferme les yeux en espérant rendre la tâche plus simple.] « Dark, je .. Je t’ai … fait une promesse. »
[Elle soupire, puis regarde de nouveau la caméra.]
« Je pense qu'il est temps pour moi de partir de nouveau. La deuxième partie de mon plan consiste à deux choses : tester ma capacité de contrôle au milieu de personnes, et … désapprendre à t’aimer. Et j’y arriverai. Je tiendrai mon serment … Quoi qu'il m'en coûtera. Je partirai d'ici quelques jours.»
[Son regard se voile de larmes soudainement. Elle pose son bras sur ses yeux, se mord la lèvre. Lorsqu‘elle retire son bras, elle ne pleure plus, mais plus aucune lueur ne brille dans ses yeux. La caméra pousse un couinement indigné face au malheur de son utilisateur. La jeune femme lui répond, la voix chevrotante.]
« Ca va Kudan. Arrête l’enregistrement, c’est bon pour cette fois. »
[Elle se lève avant que le film ne s‘arrête, pour sortir de la pièce. La caméra n‘a pas compris l‘ordre et continue de tourner, sans bouger. On entend le claquement d’une porte, puis on voit à travers la fenêtre la jeune femme sortir vivement à l‘extérieur, se stopper pour prendre sa tête entre ses mains, et crier, hurlement brisé de douleur impossible à refouler. Elle tombe à genoux, le visage ravagé de larmes. Le film s’arrête brusquement. ]
Enregistrement#002- Par Kudan- Fin.
[L’image se brouille, se stabilise au bout de quelques secondes. Une jeune femme, les cheveux blancs et les yeux verts étincelants se pose devant le champ de la caméra, s’assure que tout filme bien avant de commencer à parler. Autour d’elle, il fait jour, et le Soleil éclaire un intérieur sommaire, dont on ne voit qu’un bout de matelas, et des affaires de toilette posées non loin. L’intérieur est en bois, parquet, murs. Une fenêtre au carreau cassé nous montre un paysage sauvage et un ciel bleu azur. Le vent souffle dehors, des volutes de terre s’élèvent en panache de fumée derrière la vitre. La jeune femme commence alors, après une grande inspiration. Sa voix, un peu tremblante, prend en assurance au fur et à mesure de son récit.]
« J'ai décidé de faire un bilan, et, comme je n'ai pas de papier sous la main pour écrire, tout mon stock étant passé dans mon carnet de rêves, j'ai décidé d'utiliser Kudan. Après tout, il faut bien que sa caméra serve à quelque chose !..."
[Elle soupire légèrement]
"Tant de temps passé sans eux. Le temps s’écoule lentement, et bien que je ne cheche pas à le compter, j’ai l’impression de vivre la même agonie deux fois plus. Je l’ai mérité, je l’affirme sans aucun doute. Mais je me suis jurée d’oublier …
J’ai pris le ferry jusqu’à Tokyo, puis roulé de Tokyo à Katmandou, au Népal. Mes papiers en règle aidant, j’ai pu m’enfoncer dans les montages sèches sans me soucier d’autre chose que de la vitesse à laquelle je roulais et aux paysages arides autour de moi.
La vue de ce désert m’apaise, comme autrefois les murs blancs de ma chambre. La mort omniprésente cache sous elle des parcelles de vie que j’ai appris à repérer, comme si l’espoir se cachait sous chaque pierre plate de ce paysage entre vie et mort, entre désespoir et sérénité.
J’ai mis en place la première phase de mon plan. J’ai tout d’abord trouvé un plateau isolé, en haut duquel gisaient les restes d’une maison frappée par la foudre. L’air, à cette altitude, était pur, sain, et la vue imprenable. De plus, j’étais tranquille : pas de village avant des kilomètres… J’étais seule au monde. »
[Le visage de la jeune femme se teinte alors d‘un mélange de nostalgie, de douleur, le regard dans le vide. Son expression semble indiquer qu‘elle revit des souvenirs. Au bout de quelques instants, elle se reprend.]
« Après avoir rebâti cette maison durant une longue journée -je n’avais réhabilité qu’une toute petite partie de la maison, dans laquelle j’installai des affaires achetées précédemment-, je m’endormis pour la première fois de ma vie en regardant les étoiles. Le frais ne me dérangeait pas, j’y étais habituée, et le plateau sur lequel je m’étais installée était à l’abri du vent-un vrai coin de paradis … Si la foudre ne frappait pas ici aussi souvent.
L’avantage, c’est que si la foudre tombe, on ne se demandera pas pourquoi, avais-je pensé. Comme ça, sur ce plan là aussi, je suis tranquille.
Ma fuite m’avait mis dans un état entre l’hébétude et l’instinct de survie - comme plongée dans un brouillard sans pour autant perdre une quelconque clarté de jugement, au contraire même. Là où j’étais passée, bien peu avaient vu la Porsche sombre traverser les paysages morts … On ne pourrait me retrouver.
La semaine qui avait suivi avait été similaire. J’avais petit à petit entassé des affaires (volées, ou achetées, selon le temps, la patience et l’humeur), réparé la maison pour avoir quatre vrais murs autour de moi, que j’avais cependant pris le réflexe de tout dissimuler sous les débris du reste de la maison, histoire d’être tranquille et protégée. J’avais aussi caché ma voiture dans une anfractuosité de la roche, trouvé un coin où coulait de l’eau claire, petite cascade d’eau gelée non loin de mon plateau, et parfaitement accessible.
Maintenant que j’étais installée, je pouvais commencer.
Le reste du temps fut une longue bataille entre moi et mes pouvoirs. Je les utilisais, au maximum, m’épuisais, me battais, tout ça pour éviter de craquer, pour éviter de redevenir un monstre. Ce que j’appelais autrefois Claw, ce n’était que mon incapacité à me contrôler. J’étais Claw. Voilà ce que j’essayais autrefois de me faire comprendre …
Ce fut tout sauf agréable. Lorsque je sentais que j’allais craquer, je me forçais à expulser mes pouvoirs d’un seul coup pour tomber évanouie, afin de ne blesser personne -pour autant que je croise quelqu’un ici…
Puis finalement, ma guérison est arrivée. Tout doucement, d’abord, timide. Mais je sentais une amélioration. Puis je commençai à sentir ce dont me parlaient autrefois les Masters que j’avais croisé.
L’Harmonie absolue.
L’acuité des sens.
Les réflexes hors du commun, je les contrôle enfin. Je vois enfin le monde se découper dans une netteté glacée ou brûlante, j’arrive enfin à faire le point sur ce que les Masters considèrent comme leur environnement.
J’ai aussi bien mieux réussi à communiquer avec Kudan. » [La caméra émet un gazouillis étrange] « Mes pouvoirs s’étant améliorés, je comprends mieux sa façon de fonctionner, et je pense bien pouvoir réussir à l’améliorer, il me faut seulement en savoir plus sur la robotique. Ce domaine commence vraiment à me passionner... » [Nouveau gazouillis, plus strident. La jeune femme ferme un œil et fait semblant de se protéger de l‘agression de la caméra qui volète dans sa direction. ] [color#dbb10a]« Oui, c’est bon, je sais, j’ai compris, promis, pas trop de modifications. »[/color]
[Gazouillis de nouveau. La jeune femme s‘autorise un léger sourire, puis reprend.]
« Les voix dans ma tête ont pris en ampleur aussi, mais sont bien plus contrôlables. Je me maîtrise enfin, mes pouvoirs, je les contrôle enfin. »
[La jeune femme soupire, puis reprend.]
« Cependant, je n’avais toujours pas testé la puissance de la greffe, qui me faisait peur. Je n’avais pas sorti mes griffes depuis que j’avais tué … » [Elle marque une pause avant de prononcer la suite.] « … mes parents et mon frère, et ne m’en remettais pas. Ces griffes représentent le plus grand échec contre moi-même, représentent toute ma douleur, représentent la chute dont je tente de m’extraire depuis environ un mois.
J’ai cependant décidé d’affronter cette peur, ma volonté de devenir enfin moi-même étant plus forte que tout...
Ca a été le pire moment de ma vie depuis longtemps, si on ne considère pas un des … évènements …» [La jeune femme ne montre rien, mais ses yeux perdent en intensité] « … qui avait précédé mon départ de Terrae.
J’ai finalement réussi à surpasser ma greffe. Je préfère … éviter les détails. » [La jeune fille grimace en portant brièvement son regard sur une portion du mur en bois labouré par les traces de griffes.]
« Mais désormais la première partie de mon plan est terminée. Je pourrais presque revenir maintenant, mais … Il me reste quelque chose à faire. »
[Elle détourne le regard quelques instants, se mordant la lèvre inférieure. Lorsqu‘elle reporte son regard sur la caméra, elle est déterminée.]
« Dark. » [Elle a énormément de mal à prononcer ce nom, fronce les sourcils, ferme les yeux en espérant rendre la tâche plus simple.] « Dark, je .. Je t’ai … fait une promesse. »
[Elle soupire, puis regarde de nouveau la caméra.]
« Je pense qu'il est temps pour moi de partir de nouveau. La deuxième partie de mon plan consiste à deux choses : tester ma capacité de contrôle au milieu de personnes, et … désapprendre à t’aimer. Et j’y arriverai. Je tiendrai mon serment … Quoi qu'il m'en coûtera. Je partirai d'ici quelques jours.»
[Son regard se voile de larmes soudainement. Elle pose son bras sur ses yeux, se mord la lèvre. Lorsqu‘elle retire son bras, elle ne pleure plus, mais plus aucune lueur ne brille dans ses yeux. La caméra pousse un couinement indigné face au malheur de son utilisateur. La jeune femme lui répond, la voix chevrotante.]
« Ca va Kudan. Arrête l’enregistrement, c’est bon pour cette fois. »
[Elle se lève avant que le film ne s‘arrête, pour sortir de la pièce. La caméra n‘a pas compris l‘ordre et continue de tourner, sans bouger. On entend le claquement d’une porte, puis on voit à travers la fenêtre la jeune femme sortir vivement à l‘extérieur, se stopper pour prendre sa tête entre ses mains, et crier, hurlement brisé de douleur impossible à refouler. Elle tombe à genoux, le visage ravagé de larmes. Le film s’arrête brusquement. ]
Enregistrement#002- Par Kudan- Fin.

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Re: Carnet de Claw
Petite musique que je conseille ...Ce qui me réveilla cette fois-ci, ce fut une charmante présence sur mes draps. J’ouvris un œil, puis deux, sentant la petite forme qui tentait de grimper sur mon corps, par-dessus ma couverture fine, dans l’espoir d’atteindre ma figure endormie. Je me retournai, sentant la petite présence dégringoler quelque peu au niveau de mes jambes, avant de reprendre son escalade avec un petite rire qui sonnait comme un doux carillon à mes oreilles. Je me redressai juste à temps pour sentir cette apparition me sauter dans les bras, suspendue à mon cou, tandis que je l’enroulais des miens, comme dans un doux étau protecteur.
La petite chose se mit à rire une autre fois, enfouie contre ma poitrine. Je posai doucement ma tête contre la sienne, respirant son parfum avec bonheur. Au bout d’à peine quelques secondes, la petite pile d’énergie que je tenais dans mes bras ne tint plus, et, se détachant de moi, me dit avec un grand sourire :
- Maman, t’es enfin réveillée, on peut aller se promener alors!… Tu m’avais promis ! dit-elle avec une petite moue angélique.
Souriant avec tendresse, je passai ma main dans les doux cheveux clairs de ma fille avant de l’embrasser sur le front.
- … Et je tiens toujours mes promesses ma chérie, ajoutai-je.
J’eus un soupir amusé.
- Tu ne voulais pas attendre un peu encore, hein ?… Halàlà, ce que je ne ferais pas pour toi, dis-je en frottant mon nez contre le sien tandis qu’elle riait de nouveau.
- Mais Maman, c’est bien plus joli la plage le matin ! Allez, on y va ! Dit-elle en me tirant de ses petites forces par la main.
Elle tomba les fesses sur le matelas, rebondissant doucement. Je la regardai, quelques instants, amusée, tandis qu’elle roulait sur elle-même pour descendre de mon lit. Je me levai à mon tour, m’étirai, avant de la pousser doucement dans le dos.
- Allez mademoiselle ! On va s’habiller… dis-je avec un sourire.
Elle se dirigea à toute allure dans la salle de bains, tout sourire. Je la regardai un instant, avant d’aller ouvrir la fenêtre de ma chambre en grand. Le vent marin s’engouffra dans la chambre, tiède alors même que nous étions en tout début de matinée. Les oiseaux voletaient doucement sur cette paisible côte méditerranéenne, la nature verdoyante autour de la petite maison aux murs blancs comme de la craie. Les vagues, à une dizaine de mètres à peine de nous, se fracassaient à grand bruit sur les falaises. J’inspirai longuement. C’était une superbe journée qui s’annonçait.
La voix impatiente de ma fille dans la salle de bains me tira de ma rêverie.
- Allez Mamaaaaaaaaaan ! Soupira-t-elle. Regarde ! Je me suis habillée toute seule aujourd’hui, ça ira plus vite comme ça !
Je me tournai vers elle et pouffai doucement. Je ne savais pas qu’un chemisier se boutonnait comme ça … c’était original mais pas très pratique. Je m’approchai d’elle, mis un genou à terre avec un sourire pour déboutonner et reboutonner un à un ses petits boutons blancs. Une fois ceci fait, je vérifiai que sa jupe n’était pas à l’envers, constatant avec un sourire qu’elle l’était, mais ne disant rien pour ne pas vexer mon ange qui tentait de coiffer ses cheveux blancs avec maladresse. Mon regard partit dans le vide quelques instants, tandis que je la contemplais avec amour. Ce fut ses petits bras autour de ma tête qui me tirèrent de ma rêverie.
- Maman, à quoi tu penses ?… souffla-t-elle.
Je secouai doucement la tête, resserrant ma prise autour de ma petite fille.
- A rien mon cœur. Je réfléchissais, voilà tout.
La petite fille me regarda avec une moue boudeuse.
- Ben j’aime pas quand tu réfléchis comme ça, dit-elle.
Je lui fis un simple sourire d’excuse, avant de me lever pour me diriger vers mon armoire. Je l’ouvris, remarquant avec un soupir blasé qu’elle aurait bien besoin de rangement. Ma fille me passa entre les jambes pour grimper dans mon armoire.
- Allez, je t’aide à t’habiller aujourd’hui ! Dit-elle en farfouillant un peu partout.
Tandis que je la regardais, amusée, elle sortit des tréfonds de mon armoire une robe que je ne pensais jamais revoir. Mon cœur se serra imperceptiblement. Elle était toute simple, blanche, aux coutures bleues, un ruban bleu serrant la poitrine. Avec, une paire de ballerines blanches aux larges lacets qui, je le savais, remontaient jusqu’aux genoux. Tenant fièrement contre elle sa trouvaille, la petite me sourit.
- Maman, tu peux mettre ça aujourd’hui ? Ca t’irait bien ! Dit-elle avec un doux sourire.
Je pris la robe alors qu’elle me la tendait, la contemplant, les yeux dans le vague.
- Mais Mitsuki, elle est vieille cette robe … Elle ne m’ira plus, dis-je en temps que faible protestation.
Mon petit ange se fit à ronchonner.
- Ah non hein ! Tu la mets, je veux que tu sois belle pour notre promenade ! Dit-elle avec une moue à laquelle je ne pouvais résister.
- D’accord, capitulai-je sous ses cris de joie. Je vais essayer, si ça peut te faire plaisir…
Je retirai mon débardeur, qui avait servi de pyjama, avant d’enfiler la robe, et de la refermer. Je passai les bretelles, attachai le nœud, mis les chaussures. Me contemplant dans le miroir de la salle de bains, je constatai avec surprise qu’elle m’allait encore. Je coiffai mes longs cheveux bouclés, avant de jeter un regard au miroir. Je touchai un instant la surface réfléchissante.
- On se croirait revenu en arrière … murmurai-je pour moi-même. Où es-tu désormais ?...
Je me forçai à sourire de nouveau, et finis par sortir de la salle de bains. Mitsuki, ma lumière, ma jolie lune, se jeta dans mes bras.
- Maman, tu es jolie comme ça ! S’écria-t-elle. Allez, viens, on y va ! Dit-elle en me tirant par le bras hors de notre petite maison .
Je ne fermai pas la porte à clé, et bientôt, nous nous rendîmes sur le sable fin de la plage. Les vagues clapotaient doucement, les falaises quelques mètres devant nous. J’enlevai finalement mes ballerines, ainsi que celles de ma fille, que je tenais dans ma main. Les pieds dans l’eau nous jouions avec douceur, ce matin alors que le monde se levait.
Au bout d’un instant, alors qu’elle revenait d’une énième course contre un oiseau ou d’une trempette dans l’eau, ma fille me prit doucement la main. Je la regardai quelques instants, avant qu’elle ne se mette à parler.
- Dis, dis Maman, tu étais triste tout à l’heure, hein ?… Je t’ai vu.
J’eus une mine surprise.
- Non ma chérie, ne t’en fais pas, dis-je avec un sourire. C’est juste mon travail qui m’a fait rentrer tard, alors j’étais un peu fatiguée, voilà tout …
Je travaillais en temps que chercheuse dans une boîte d’informatique à Los Angeles de jour, et revenais ici, sur cette côte italienne, dans cette petite maison, pour m’occuper de ma fille qui allait désormais à l’école. Je me dis avec amusement qu’être téléporteuse m’était bien utile dans ces cas là… Mais depuis quelques temps, je rentrais tard, toute l’entreprise étant sur un gros projet … Je craignais de délaisser ma fille, et envisager de quitter ce travail pour m’occuper d’elle. Il était hors de question que je m'en sépare, mes journées de travail bien trop longues à mon goût.
Mon petit ange secoua la tête, faisant voleter ses cheveux blancs au vent.
- Non non Maman, je te connais, je sais quand tu es triste.
Soudain, elle me fixa de ses prunelles intenses. Ses pupilles qui me firent couleur de la lave en fusion dans le cœur. Tant de chaleur, et pourtant, tant de douleur…
- Maman, tu pensais à Lui, hein ?… Mais il est où ? me demanda-t-elle.
Je détournai le regard. Devant mon absence de réponse, elle ajouta :
- Maman, il est où Papa ?…
Lorsque je me tournai vers elle, ses yeux violets me fixaient avec inquiétude et tendresse.
Soudain, je me réveillai en sursaut, haletante. Comprenant que j’avais rêvé une nouvelle fois, je regardai autour de moi, cherchant mon rayon de soleil, cherchant ma petite fille, cherchant cette maison aux murs blancs, cherchant ce soleil du matin …
En ouvrant ma fenêtre, je ne vis que l’air sombre et vicié de la nuit dans une énième grande ville. Lorsque j’allumai la lumière, je ne vis rien d’autre qu’une chambre d’hôtel miteuse aux murs en papier peint.
Je tombai assise sur mon lit à la couverture trop épaisse et au matelas trop dur. Sans savoir pourquoi, mes épaules furent agitées de soubresauts douloureux tandis que des larmes de douleurs roulaient le long de mes joues. Je me mis à sangloter, puis à pleurer comme une enfant, allongée en chien de fusil, mes mains autour de mon ventre.
Cette nuit-là, j’ai rêvé d’une lumière d’espoir, d’une jolie lune.
Cette nuit-là, j’ai rêvé d’une petite Mitsuki dont tu étais le père …
Cette nuit là, je me suis réveillée dans le noir...
Cette nuit là, je me suis réveillée toute seule.
La petite chose se mit à rire une autre fois, enfouie contre ma poitrine. Je posai doucement ma tête contre la sienne, respirant son parfum avec bonheur. Au bout d’à peine quelques secondes, la petite pile d’énergie que je tenais dans mes bras ne tint plus, et, se détachant de moi, me dit avec un grand sourire :
- Maman, t’es enfin réveillée, on peut aller se promener alors!… Tu m’avais promis ! dit-elle avec une petite moue angélique.
Souriant avec tendresse, je passai ma main dans les doux cheveux clairs de ma fille avant de l’embrasser sur le front.
- … Et je tiens toujours mes promesses ma chérie, ajoutai-je.
J’eus un soupir amusé.
- Tu ne voulais pas attendre un peu encore, hein ?… Halàlà, ce que je ne ferais pas pour toi, dis-je en frottant mon nez contre le sien tandis qu’elle riait de nouveau.
- Mais Maman, c’est bien plus joli la plage le matin ! Allez, on y va ! Dit-elle en me tirant de ses petites forces par la main.
Elle tomba les fesses sur le matelas, rebondissant doucement. Je la regardai, quelques instants, amusée, tandis qu’elle roulait sur elle-même pour descendre de mon lit. Je me levai à mon tour, m’étirai, avant de la pousser doucement dans le dos.
- Allez mademoiselle ! On va s’habiller… dis-je avec un sourire.
Elle se dirigea à toute allure dans la salle de bains, tout sourire. Je la regardai un instant, avant d’aller ouvrir la fenêtre de ma chambre en grand. Le vent marin s’engouffra dans la chambre, tiède alors même que nous étions en tout début de matinée. Les oiseaux voletaient doucement sur cette paisible côte méditerranéenne, la nature verdoyante autour de la petite maison aux murs blancs comme de la craie. Les vagues, à une dizaine de mètres à peine de nous, se fracassaient à grand bruit sur les falaises. J’inspirai longuement. C’était une superbe journée qui s’annonçait.
La voix impatiente de ma fille dans la salle de bains me tira de ma rêverie.
- Allez Mamaaaaaaaaaan ! Soupira-t-elle. Regarde ! Je me suis habillée toute seule aujourd’hui, ça ira plus vite comme ça !
Je me tournai vers elle et pouffai doucement. Je ne savais pas qu’un chemisier se boutonnait comme ça … c’était original mais pas très pratique. Je m’approchai d’elle, mis un genou à terre avec un sourire pour déboutonner et reboutonner un à un ses petits boutons blancs. Une fois ceci fait, je vérifiai que sa jupe n’était pas à l’envers, constatant avec un sourire qu’elle l’était, mais ne disant rien pour ne pas vexer mon ange qui tentait de coiffer ses cheveux blancs avec maladresse. Mon regard partit dans le vide quelques instants, tandis que je la contemplais avec amour. Ce fut ses petits bras autour de ma tête qui me tirèrent de ma rêverie.
- Maman, à quoi tu penses ?… souffla-t-elle.
Je secouai doucement la tête, resserrant ma prise autour de ma petite fille.
- A rien mon cœur. Je réfléchissais, voilà tout.
La petite fille me regarda avec une moue boudeuse.
- Ben j’aime pas quand tu réfléchis comme ça, dit-elle.
Je lui fis un simple sourire d’excuse, avant de me lever pour me diriger vers mon armoire. Je l’ouvris, remarquant avec un soupir blasé qu’elle aurait bien besoin de rangement. Ma fille me passa entre les jambes pour grimper dans mon armoire.
- Allez, je t’aide à t’habiller aujourd’hui ! Dit-elle en farfouillant un peu partout.
Tandis que je la regardais, amusée, elle sortit des tréfonds de mon armoire une robe que je ne pensais jamais revoir. Mon cœur se serra imperceptiblement. Elle était toute simple, blanche, aux coutures bleues, un ruban bleu serrant la poitrine. Avec, une paire de ballerines blanches aux larges lacets qui, je le savais, remontaient jusqu’aux genoux. Tenant fièrement contre elle sa trouvaille, la petite me sourit.
- Maman, tu peux mettre ça aujourd’hui ? Ca t’irait bien ! Dit-elle avec un doux sourire.
Je pris la robe alors qu’elle me la tendait, la contemplant, les yeux dans le vague.
- Mais Mitsuki, elle est vieille cette robe … Elle ne m’ira plus, dis-je en temps que faible protestation.
Mon petit ange se fit à ronchonner.
- Ah non hein ! Tu la mets, je veux que tu sois belle pour notre promenade ! Dit-elle avec une moue à laquelle je ne pouvais résister.
- D’accord, capitulai-je sous ses cris de joie. Je vais essayer, si ça peut te faire plaisir…
Je retirai mon débardeur, qui avait servi de pyjama, avant d’enfiler la robe, et de la refermer. Je passai les bretelles, attachai le nœud, mis les chaussures. Me contemplant dans le miroir de la salle de bains, je constatai avec surprise qu’elle m’allait encore. Je coiffai mes longs cheveux bouclés, avant de jeter un regard au miroir. Je touchai un instant la surface réfléchissante.
- On se croirait revenu en arrière … murmurai-je pour moi-même. Où es-tu désormais ?...
Je me forçai à sourire de nouveau, et finis par sortir de la salle de bains. Mitsuki, ma lumière, ma jolie lune, se jeta dans mes bras.
- Maman, tu es jolie comme ça ! S’écria-t-elle. Allez, viens, on y va ! Dit-elle en me tirant par le bras hors de notre petite maison .
Je ne fermai pas la porte à clé, et bientôt, nous nous rendîmes sur le sable fin de la plage. Les vagues clapotaient doucement, les falaises quelques mètres devant nous. J’enlevai finalement mes ballerines, ainsi que celles de ma fille, que je tenais dans ma main. Les pieds dans l’eau nous jouions avec douceur, ce matin alors que le monde se levait.
Au bout d’un instant, alors qu’elle revenait d’une énième course contre un oiseau ou d’une trempette dans l’eau, ma fille me prit doucement la main. Je la regardai quelques instants, avant qu’elle ne se mette à parler.
- Dis, dis Maman, tu étais triste tout à l’heure, hein ?… Je t’ai vu.
J’eus une mine surprise.
- Non ma chérie, ne t’en fais pas, dis-je avec un sourire. C’est juste mon travail qui m’a fait rentrer tard, alors j’étais un peu fatiguée, voilà tout …
Je travaillais en temps que chercheuse dans une boîte d’informatique à Los Angeles de jour, et revenais ici, sur cette côte italienne, dans cette petite maison, pour m’occuper de ma fille qui allait désormais à l’école. Je me dis avec amusement qu’être téléporteuse m’était bien utile dans ces cas là… Mais depuis quelques temps, je rentrais tard, toute l’entreprise étant sur un gros projet … Je craignais de délaisser ma fille, et envisager de quitter ce travail pour m’occuper d’elle. Il était hors de question que je m'en sépare, mes journées de travail bien trop longues à mon goût.
Mon petit ange secoua la tête, faisant voleter ses cheveux blancs au vent.
- Non non Maman, je te connais, je sais quand tu es triste.
Soudain, elle me fixa de ses prunelles intenses. Ses pupilles qui me firent couleur de la lave en fusion dans le cœur. Tant de chaleur, et pourtant, tant de douleur…
- Maman, tu pensais à Lui, hein ?… Mais il est où ? me demanda-t-elle.
Je détournai le regard. Devant mon absence de réponse, elle ajouta :
- Maman, il est où Papa ?…
Lorsque je me tournai vers elle, ses yeux violets me fixaient avec inquiétude et tendresse.
Soudain, je me réveillai en sursaut, haletante. Comprenant que j’avais rêvé une nouvelle fois, je regardai autour de moi, cherchant mon rayon de soleil, cherchant ma petite fille, cherchant cette maison aux murs blancs, cherchant ce soleil du matin …
En ouvrant ma fenêtre, je ne vis que l’air sombre et vicié de la nuit dans une énième grande ville. Lorsque j’allumai la lumière, je ne vis rien d’autre qu’une chambre d’hôtel miteuse aux murs en papier peint.
Je tombai assise sur mon lit à la couverture trop épaisse et au matelas trop dur. Sans savoir pourquoi, mes épaules furent agitées de soubresauts douloureux tandis que des larmes de douleurs roulaient le long de mes joues. Je me mis à sangloter, puis à pleurer comme une enfant, allongée en chien de fusil, mes mains autour de mon ventre.
Cette nuit-là, j’ai rêvé d’une lumière d’espoir, d’une jolie lune.
Cette nuit-là, j’ai rêvé d’une petite Mitsuki dont tu étais le père …
Cette nuit là, je me suis réveillée dans le noir...
Cette nuit là, je me suis réveillée toute seule.

Claw- Master

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Age: 16
Localisation: Là où tu ne me chercheras pas- dans ton dos- pour te frapper en plein coeur.
Date d'inscription: 13/09/2008
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Âge: 17 annes de solitude et d'ennui
Affinité: Tu connais les coups de foudre ? J'en suis un au sens propre !
Rang: Traqueuse sans pitié ... Tu ne m'échapperas pas.

Re: Carnet de Claw
« Lorsque je me réveillai à cet instant précis, ce fut à cause d’un bruit qui avait brisé mon cycle de sommeil paisible. Endormie aux côtés de ma fille, dans mon lit, les lumières encore allumées, serrées l’une contre l’autre, je lui avais chanté une berceuse jusqu’à voir ses paupières nacrées se fermer sur ses yeux que j’aimais tant. Cette chanson restait gravée en moi au fer rouge, sans que je sache pourquoi … Ce son si pur qui avait bercé l’être le plus cher de toute mon existence jusque dans le sommeil profond qui n‘appartenait qu‘aux enfants.
Je me redressai avec douceur pour ne pas réveiller mon ange endormi, pensant distraitement à un proverbe qui m’était revenu à l’esprit sans que je sache pourquoi.
« Tchouang-Tseu rêva qu’il était un papillon. Mais n’est-ce pas le papillon qui rêve qu’il est Tchouang-Tseu ? »
Ce proverbe ancien, que je tenais tout droit de mes vieux cours de dialectique, m’arracha un bien faible sourire. Je sortis du lit avec précaution et douceur, aux aguets cependant, me souvenant des raisons de mon réveil. Je sortis de ma chambre, silencieuse, légère sur le parquet qui pas une seule fois ne trahit ma présence.
J’arrivai dans la pièce principale de la maison, plongée dans le noir le plus total. Faisant sortir les griffes de ma main droite dans un chuintement, je fermai les yeux pour me concentrer sur les sons. Soudain, un bruissement dans l’air, un changement de pression infime m’alerta. Je bondis sur l’intrus, mes griffes sous sa jugulaire, tombant sur lui sans un bruit. Je sentis la personne sous moi se transformer en un serpent qui glissa sur le sol pour s’échapper. Un Morphe !
Ils m’avaient retrouvée …
Je me redressai, prête à abattre la personne en face de moi sans aucun remords. C’était le prix de ma liberté, du sang et de la mort. La mort de Traqueurs de Terrae. Pour eux, je n’avais aucune pitié, depuis … Je caressai doucement, comme pour me calmer et endurcir ma raison, ma cicatrice blanchâtre que je devinais, barrant toute ma clavicule droite, descendant jusque sous la poitrine. La vie d’exilée, de réfugiée valait cher, très cher.
Je bondis une nouvelle fois sur mon agresseur, bien décidée à l’éliminer au plus vite, lorsqu’une voix étouffée et paniquée retentit doucement dans la pièce, une voix que j’eus bien du mal à identifier. Je m’arrêtai net dans mon geste, tétanisée.
- Kasu’, arrête, c’est moi ! Koïchi ! Je te veux aucun mal, bordel, range tes griffes, tu vas finir par me tuer, gémit-il dans un chuchotement.
- Koïchi ?! M’étranglai-je. Qu’est-ce que tu fais là ? Tu es devenu un Traqueur ? Comment m’as-tu retrouvée ? Demandai-je précipitamment, m’éloignant de lui, toujours suspicieuse.
La silhouette en face de moi soupira, un soupir que je reconnaissais avec tant de force que mon cœur se serra, un sourire apparaissant sur mes lèvres.
- C’est Philos qui m’envoie. Cela fait plus de 6 ans qu’il envoie sans cesse des équipes en lesquelles il a confiance pour te chercher, pour devancer les Traqueurs du Conseil contre qui il ne peut rien. Beaucoup veulent te savoir morte, tu sais, dit-il, ses pupilles marron clair brillant d’inquiétude à la lueur de la Lune qui perçait à travers les carreaux de la pièce.
Mes griffes rentrèrent dans ma main droite que je me mis à masser, peu habituée à cette douleur, peu habituée à cette arme que je n’avais pas utilisée depuis longtemps. Il ne me laissa pas le temps de répliquer.
- Mais cette fois-ci, je suis désolé, Kasumi … Ils t’ont retrouvée, ils arriveront d’une minute à l’autre. Ils viennent pour te tuer. J’ai réussi à les envoyer sur une fausse piste qui devrait nous faire gagner du temps … Tu dois changer d’endroit. Déménage encore, trouve toi une autre planque … me supplia-t-il.
Je le fixai sans comprendre, avant de me tourner brièvement vers ma chambre où dormait ma petite lumière. Koïchi-ou quelque soit son nouveau nom désormais- suivit mon regard, avant de planter ses yeux dans les miens, pleins d’incompréhension.
- Je ne peux plus fuir, dis-je au bout d’un instant. Ce n’est plus comme autrefois, je … commençai-je ma phrase sans réussir à la terminer.
Je le regardai soudain, avant de lui prendre le poignet pour l’emmener dans ma chambre où une petite lampe éclairait ma fille endormie. Il la regarda sans comprendre, avant que je ne me mette à chuchoter :
- Voilà pourquoi je ne peux plus fuir. Elle ne comprendrait pas …
- Mais Kasu’, ils arrivent, gémit-il sur le même ton que moi. Ils veulent te tuer, et ils réserveront le même sort à ta fille !
Paniquée, je regardai la petite forme qui dormait paisiblement dans ses draps. Je m’approchai d’elle pour la couvrir, la regardant quelques petites secondes avec tendresse. Je revins vers Koïchi, mes yeux emplis d’uns tristesse sans nom.
J’avais pris ma décision.
- Koïchi … je te confie Mitsuki. Emmène-la à Terrae, mets-la sous la protection de Philos. Il comprendra qui elle est, j’en suis sûre.
Je lui jetai un regard transperçant.
- Je ne veux pas qu’il lui arrive quoi que ce soit. Elle est plus que toute ma vie, tu comprends ? Ajoutai-je d’un ton plus doux. Je ne veux pas la perdre … Et la savoir à Terrae me soulagera de cette inquiétude. Là bas, elle grandira en paix, heureuse… Tout ira bien pour elle, dis-je d’une voix un peu étranglée.
Je regardai Koïchi.
- C’est la seule solution.
Il finit par détourner le regard, attristé.
- Je comprends, souffla-t-il. Mais tâche de revenir vivante. Cette petite ne supporterait pas la perte de sa mère … Et je ferai une bien piètre maman de substitution, plaisanta-t-il faiblement.
Je lui adressai un petit sourire.
- C’est le seul moyen de leur échapper.
Il me regarda avec tristesse.
- Tu ne pourras pas les retenir à toi toute seule. Tu vas mourir, Kasumi, si tu ne fuis pas avec nous …
Je ne lui répondis pas et me détournai, allai réveiller ma petite chérie d’un baiser sur le front. Lorsque celle-ci fut tirée des bras de Morphée, frottant ses yeux de ses petits poings, je lui dis, agenouillée auprès de mon lit sur lequel elle était encore assise :
- Mon ange, je te présente Koïchi, c’est un ami d’enfance. Il va t’emmener dans un endroit merveilleux, un endroit où il y a des tours gigantesques et des grandes bibliothèques, des forêts immenses, des plaines superbes, une grande plage comme en bas de la maison, et plein de gens qui seront là pour t’aider et pour t’aimer. Je n’ai pas le temps de t’expliquer mon cœur, file vite préparer tes affaires, va t’habiller, tu dois partir maintenant.
Ma petite fille me regarda sans comprendre.
- Mais Maman, je veux pas partir sans toi … Tu viens avec moi, hein ? Me demanda-t-elle avec un sourire qui me faisait fondre, son sourire auquel je ne pouvais d’habitude résister.
Je secouai la tête.
- Non ma chérie. Tu iras toute seule. Maman … Maman ne pourra pas te suivre pour ce voyage là, dis-je avec un sourire qui démentait la boule que j’avais dans la gorge.
Elle me serra dans ses bras, se mit à sangloter.
- Non, Maman, maman, je ne veux pas que tu partes loin de moi ! Je ne veux pas … répéta-t-elle entre ses sanglots.
Je la berçai avec douceur, me forçant à retenir mes larmes qui ne coulaient plus depuis bientôt six ans. Je finis par me détacher d’elle.
- Je te promets que je serai toujours avec toi, lui soufflai-je avec tendresse. Toujours là, dis-je en posant ma main sur son cœur qui s’agitait en battements désordonnés. Je ne partirai jamais … Jamais loin de toi, mon ange … dis-je en la serrant de nouveau dans mes bras.
Mitsuki sécha ses larmes. Elle se tourna vers Koïchi, avant de me regarder de nouveau.
- Bon… Je vais y aller alors … Mais tu me promets de me rejoindre, hein ? Dit-elle avec un sourire faible.
Je lui rendis son sourire.
- Bien sûr, ma chérie. Je serai avec toi, je te le jure.
La petite se détacha de moi pour se diriger vers ses affaires. Je fis un signe de tête à Koïchi, pour lui montrer la direction qu’elle prenait.
- Occupe toi d’elle le temps que je fasse son sac. J’ai quelque chose de spécial à y ajouter.
Ils partirent de la chambre, tandis que je sortais de sous mon lit une boîte en carton. J’en sortis un cylindre en verre qui contenait deux petites créatures, une noire et une blanche, marquées par une pierre rouge sur le front. Deux sortes de peluches endormies. Le fameux projet sur lequel je travaillais… Le projet dont j’avais trouvé la clé. Un transfert de pouvoirs, mon pouvoir de Master. La création d’une parfaite intelligence artificielle.
Je tapai un code chiffré sur le cylindre qui libéra les deux créatures. Je les fis s’éveiller et leur créai une âme grâce à mon pouvoir de contrôle sur les machines.
Quelques minutes plus tard, j’avais enregistré un message sur les deux créatures -que j’avais baptisées Mokona, en hommage à un vieux manga- et je rejoignais ma fille avec son sac d’affaires. J’y avais mis, en plus de presque tous ses vêtements, une photo de nous deux prise il y a quelques jours, et un livre que nous avions commencé à lire ensemble. Je lui donnai, juste après son sac, les deux peluches qui s’agitaient autour d’elle en exclamations joyeuses.
Je regardai, attendrie, ce petit spectacle. J’espérais que ces créations pourraient alléger le poids de ma disparition pour elle …
- Ma chérie, je comptais te les offrir plus tard, mais le temps presse … je te présente les Mokona. Ce sont tes nouveaux amis … Ils sont très affectueux et pratiques, tu découvriras ça au fil du temps, dis-je avec un léger sourire, en voyant les Mokona faire connaissance avec Mitsuki, que j’avais programmée comme «Seule utilisatrice », tandis que moi étais nommée « Créatrice ».
Le Mokona blanc avait déjà logé ses grandes oreilles et sa tête dans le sac de ma fille tandis que le noir lui faisait des grimaces, la faisant rire. Je regardai ce spectacle, attendrie et heureuse.
Puis virent le moment des « Au revoir » pour ma fille, des « Adieu » pour moi. Elle ne le savait pas … tant mieux. Je n’avais aucune chance, j’en étais persuadée.
Une dernière étreinte, un dernier baiser, une dernière promesse de retour que je ne pourrais tenir. J’entendis soudain les traqueurs à une centaine de mètres de la maison. Un d’entre eux avait fait trop de bruit pour nous échapper, à Koïchi et moi-même.
Je m’approchai de Mitsuki. J’avais une dernière chose à lui dire.
- Ma chérie … Tu voulais savoir où était, qui était ton père, n’est-ce pas ?…
Je lui soufflai quelques mots à l’oreille. Son visage se para d’un grand sourire.
- Le héros de toutes les histoires que tu me racontais, c’était lui ?! Dit-elle.
- Oui mon ange, dis-je avec un petit sourire un peu triste. Et … Là où tu vas, tu le verras. Mais ne lui dis rien… Garde ce secret pour toi, ajoutai-je sans la regarder.
Les traqueurs étaient là. Je serrai ma fille une dernière fois dans mes bras, avant de dire à Koïchi :
- Il y a une porte dans ma chambre. Passez par derrière, je les retiendrai.
Koïchi me regarda, avant de me serrer dans ses bras brièvement.
- Kasumi, Claw, tes yeux ont encore changé. Tu n‘es plus la fille perdue d‘autrefois ... Tu es devenue tellement belle… Tu peux être sûre que jamais je ne t’oublierai, souffla-t-il, des larmes aux yeux.
Je lui fis un grand sourire, le sourire de la Kasumi qu’il avait autrefois connue. Faisant le signe de la victoire de mes deux doigts, je lui dis :
- Mes yeux n’ont pas changé, tu sais. C’est juste que j’avais enfin trouvé quelque chose pour les faire briller de bonheur. Et tu sais … Les Aigles ne meurent jamais. Je m’arrangerai pour t’embêter depuis les nuages.
Deux larmes roulèrent sur ses joues, je me retournai pour tenter de ne pas les voir. J’ouvris la porte d’entrée tandis que Koïchi et Mitsuki sortaient en compagnie des deux Mokona.
Devant l’entrée m’attendaient quatre Traqueurs. Je sortis, fermai la porte derrière moi.
- Bonjour, leur dis-je. Alors comme ça, c’est vous les nouveaux chiens à la botte du Conseil ?
Je posai mes mains sur mes hanches, les défiant du regard, tandis que deux Traqueurs sortirent des épées, deux autres créèrent des boules enflammées ou électriques au bout de leurs mains. J’eus un petit sourire en constatant que, face à eux, je n’avais que ma robe de ce jour là pour me protéger.
En un sens c’était suffisant. J’avais tout ce qu’il me fallait pour leur faire face…
- Déserteur Claw, vous êtes accusée de meurtre, tentative de meurtre et de fuite de Terrae face à votre jugement qui consistait alors en un effacement de mémoire et un retrait de pouvoirs. Votre sentence est désormais la mort. Rendez vous et on s’arrangera pour ne pas vous faire souffrir.
- Je vois que le Conseil fait preuve d‘une grande mansuétude à mon égard, dis-je avec un léger sourire. Allez tous vous faire voir. Jamais je ne courberai l’échine.
Soudain, alors que j’allais sortir mes griffes, un bruit attira leur attention. Je pestai intérieurement, paniquée. Ils avaient entendu Mitsuki … Je vis soudain son ombre et celle de Koïchi au loin, qui se faufilaient un passage entre les buissons épineux. Un des Traqueurs, les repérant, envoya une salve de traits électriques sur les deux silhouettes. J’entendis ma fille crier de peur. Soudain, plus aucun bruit. Les deux silhouettes s’étaient envolées. Je me tournai vers les Traqueurs, furieuse.
Mes cheveux se mirent à voleter sous l’effet de l’électricité qui parcourait tout mon corps, tandis que j’écartais légèrement les bras pour faire sortir mes griffes de mes poings, coudes, genoux, talons.
- Vous n’auriez jamais dû … Tenter de lui faire du mal, sifflai-je, les yeux dorés étincelants.
Et je m’élançai, droit vers ma mort, droit vers ces monstres qui avaient eu le malheur de vouloir blesser ma fille.
Au bout de longues heures, j’étais à bout de forces. Un des Traqueurs était mort -celui qui avait tiré en direction de ma fille- un autre mal en point, les deux restants seulement blessés légèrement. Notre combat acharné nous avait amené sur une falaise, les vagues qui se fracassaient contres nous éclaboussant par intermittences, faisant pénétrer de l’eau salée dans mes nombreuses plaies aux ventre, aux bras.
Haletante, je reculais sous leurs coups de plus en plus forts. Bientôt, j’arrivai, piégée, au bord de la roche massive, perchée au dessus de l’eau tourbillonnante et furieuse. Le Soleil allait se lever, on voyait l’horizon s’éclaircir par delà la mer bleue.
Soudain, un des Traqueurs m’envoya un projectile qui se plaqua contre mon poignet. Ce projectile prit la forme d’un bracelet, avec pour symbole l’inverse du pentagramme de Terrae -le symbole des Traqueurs. Je tentai de faire sortir de nouveau mes griffes -impossible. Je tentai de faire appel à mes pouvoirs … Impossible. Ils avaient bloqués mes pouvoirs …
Je relevai ma tête tachée du sang de mes adversaires, comprenant soudain.
Ils allaient m’abattre sans me laisser aucune chance.
Je les fixai, impénétrable. J’avais pris ma décision.
Je fis deux pas en arrière, me retrouvant au bord du précipice.
Je levai mes yeux vers le ciel, vers le Soleil qui se levait enfin.
J’avais passé la nuit.
J’avais tenu la nuit pour sauver ma fille.
Un sourire de pur bonheur s’étira sur mes lèvres, tandis que je contemplais, extatique, la lumière du Soleil inonder le ciel sans défaut aucun.
Je reportai soudain mon regard et mon visage sans plus d’autre expression que la dureté et la fierté sur les Traqueurs. Ma robe blanche et bleue battait au vent, collée à mon corps en certains endroits par mon sang qui s’écoulait doucement hors de moi, mon sang que je comptais pas, que je ne sentais pas partir.
Je me mis sur la pointe des pieds, avec un léger sourire. Mes lèvres articulèrent les mots suivants à l’égard des traqueurs en face de moi :
« Les Aigles volent, volent libres et ne s’arrêtent jamais de voler… Vous ne m’aurez jamais. »
J’écartai les bras, contemplant le ciel, avant de me laisser tomber en arrière, dans le vide, ce vide qui m’attirait, ce vide qui était ma délivrance et la fin de ma peur, la fin de ma haine, la fin de ma douleur.
Durant ma chute, je ne vis pas ma vie défiler, comme on m‘avait dit que cela arrivait dans ces cas-là. Je vis simplement mes anciens amis, amis qui me souriaient, amis que je voyais heureux.
Je voyais Yujiro et Yureka, amoureux, qui me souriaient comme autrefois. Ils me félicitaient en me disant qu’ils veilleraient sur ma fille …
Je vis aussi Storm, Karasu, Koïchi, tous mes amis qui étaient regroupés, et qui me souriaient, qui me pardonnaient.
Je vis ma fille à ses seize ans, belle, intrépide, heureuse, toujours souriante. Son si beau sourire …
Puis je le revus Lui. Je fermai les yeux pour mieux savourer tous ces souvenirs que j’avais gardés enfermés dans la petite boîte de mon cœur, boîte qui s’ouvrait pour laissait s’échapper les jours heureux, le bonheur.
Je me souvenais de tout : ses sourires, ses regards, son rire, ses baisers, la douceur de sa peau, les battements de son cœur.
« Je t’aime » hurla mon âme tandis que mon corps plongeait dans l’eau glacée.
« Je vous aime » cria mon cœur lorsque cette même eau entra dans mes poumons et arrêta toutes mes fonctions vitales.
J’ouvris les yeux sous l’eau. Ma robe teintée de rouge était redevenue blanche. Blanc pur. Je souris.
C’était fini.
La voix de Dark me berça tout le long de ma lente agonie. A chaque soubresaut de mon cœur, sa voix se faisait plus forte et plus douce, plus triste et plus belle.
Je ne me réveillai pas.
Lorsque j’ouvris les yeux, j’étais auprès de ma fille, flottant doucement à ses côtés, sans doute quelques jours après son arrivée à Terrae.
Elle croisait celui qui avait bercé mes rêves. Elle le croisait, se plantait devant lui, faisant se défier leurs deux paires d’yeux du même violet profond.
Les Mokona se placèrent face à lui dont je ne pouvais voir le visage, joignirent leurs mains tandis que leurs pierres se mettaient à luire.
« Nous avons un message de la Créatrice pour toi. » clamèrent-ils avant de projeter le message que j’avais enregistré avant de les confier à ma fille.
Mon image apparut, moi et mes cheveux bouclés et ma robe des jours heureux.
« Dark, avais-je dit. Excuse ce dernier message, excuse ce temps que je te prends. Je veux seulement te dire une dernière chose, une dernière chose avant de te laisser à tout jamais. Tu sais, j’ai finalement réussi, au cours de mon exil, à trouver quelqu’un que j’aimais plus que toi. »
Mon image eut un beau sourire.
« Cette personne est juste devant toi, sans doute en train de se cacher derrière les Mokona, te contemplant d’un air suspicieux. C’est Mitsuki, ma lumière d’espoir, la plus belle des Lunes. Elle éclaira mes nuits les plus sombres par son sourire… »
Mon image fixa Dark.
« Je te la confie. Je te confie le plus grand trésor de ce qu’il est resté de ma vie … Puisses-tu en prendre soin. »
Je fixai Dark avec un beau sourire, les prunelles de mon image holographiques emplies de tristesse et d’une lueur que je ne pouvais identifier.
« Je ne t’embêterai plus désormais. Tu peux vivre ta vie, je n’existe plus, je surveille ma fille depuis les nuages sans doute à cet instant même. J’ai donné ma vie pour lui offrir une chance de te trouver, de trouver Terrae. Tu sais Dark … Je n’ai jamais réussi à tenir la dernière promesse que je t‘ai fait. »
Les larmes coulent sur le visage de mon image, tandis qu’elle en se départit pas de son sourire, toujours plus douloureux mais en un sens plus beau.
« Je n’ai jamais pu t’oublier … Ni arrêter de t’aimer. Adieu, Dark. Pardonne moi … »
Même des nuages, alors que mon rêve m’aspire pour toucher à sa fin, je ne peux discerner et comprendre l’expression qui se peint sur les traits du visage de l’homme que j’aime … Figure incompréhensible et belle, figure marmoréenne qui reste gravée en moi, en moi comme la berceuse de ce soir là. »
Cette fois-ci j’ouvre les yeux. Je me redresse dans mon lit, secoue la tête pour chasser mes cauchemars et mes peurs. Rêver sa mort est une expérience troublante et dangereuse, m’avait un jour dit un de mes professeurs, dans un passé qui me semble tellement lointain désormais.
Je pose mes pieds sur la moquette rêche de la chambre dans laquelle je me suis terrée. J’avance doucement, indifférente à l‘heure, jusqu’à ma salle de bains. Je regarde mes cheveux noirs corbeau, ces cheveux avec lesquels j’ai pu piéger mes poursuivants.
L’eau coule dans ma douche, la teinture noire suit, glissant sur mes cheveux sans aucune difficulté.
Je n’essaye pas de penser, j’essaye de ne pas réfléchir à ce que j’ai vu cette nuit.
Qui es-tu, petite fille si douce qui hante mes rêves ?
Qui es-tu, toi que je souhaite plus que tout à mes côtés ?
Je me sèche les cheveux, et, encore trempée, j’ouvre un sac plastique, laissant tomber une perruque de cheveux courts et blonds.
Le nom que j’ai donné à Storm et Karasu me plaît. Je vais le garder pour vivre une nouvelle vie là où je me rends.
Je me sèche, m’habille, et mets cette perruque. Je pose des lunettes de Soleil sur mes yeux, j’enfile ma veste en cuir marron, un pantalon en jean troué, un haut banal et des escarpins noirs. Je ne peux être trahie que par mes yeux verts.
Je prends mes maigres affaires, règle ma chambre, pars de nouveau, pied au plancher dans ma Porsche sombre qui ronronne comme un chat.
Le regard rivé sur la route, pensive, le désert à perte de vue devant moi, je ne pleure plus. Je me suis jurée de ne plus faiblir.
A côté de moi, des dizaines de feuilles racontent mon dernier rêve.
« Tchouang-Tseu rêva qu’il était un papillon. Mais n’est-ce pas le papillon qui rêve qu’il est Tchouang-Tseu ? »
Qui est cette femme de ce rêve, cette femme qui me ressemble tant ? Est-ce moi qui rêve d’elle, elle qui rêve de ses jours de fuite passés ? Ne suis-je au final, que son passé, elle mon avenir ? Toutes ces questions s’entrechoquent dans mon esprit et j’ai bien du mal à rester sur la ligne droite qui s’étale devant moi, coupant le désert en deux.
Mitsuki … Qui es-tu réellement ? Vision de mon futur, ou avertissement ?
Je pose une main sur mon ventre, pensive, avant de saisir de nouveau mon volant des deux, comme dans un éclair de lucidité. Sauf que depuis bien des jours et des jours je suis très, trop lucide. Pourquoi ? Qui ?…
Dans mon cœur, il y a sans doute la réponse.
Belle Lune, lumière d‘espoir, la seule chose que je sais …
Je me mords la lèvre, allume la radio pour tenter de me faire oublier ton visage à travers la musique paisible qui s’élève. Le bruit du piano ne m’aide pas, au contraire. Ton visage me hante et me berce, sans que je sache pourquoi.
… D’une façon ou d’une autre tu es gravée en moi.
Je me redressai avec douceur pour ne pas réveiller mon ange endormi, pensant distraitement à un proverbe qui m’était revenu à l’esprit sans que je sache pourquoi.
« Tchouang-Tseu rêva qu’il était un papillon. Mais n’est-ce pas le papillon qui rêve qu’il est Tchouang-Tseu ? »
Ce proverbe ancien, que je tenais tout droit de mes vieux cours de dialectique, m’arracha un bien faible sourire. Je sortis du lit avec précaution et douceur, aux aguets cependant, me souvenant des raisons de mon réveil. Je sortis de ma chambre, silencieuse, légère sur le parquet qui pas une seule fois ne trahit ma présence.
J’arrivai dans la pièce principale de la maison, plongée dans le noir le plus total. Faisant sortir les griffes de ma main droite dans un chuintement, je fermai les yeux pour me concentrer sur les sons. Soudain, un bruissement dans l’air, un changement de pression infime m’alerta. Je bondis sur l’intrus, mes griffes sous sa jugulaire, tombant sur lui sans un bruit. Je sentis la personne sous moi se transformer en un serpent qui glissa sur le sol pour s’échapper. Un Morphe !
Ils m’avaient retrouvée …
Je me redressai, prête à abattre la personne en face de moi sans aucun remords. C’était le prix de ma liberté, du sang et de la mort. La mort de Traqueurs de Terrae. Pour eux, je n’avais aucune pitié, depuis … Je caressai doucement, comme pour me calmer et endurcir ma raison, ma cicatrice blanchâtre que je devinais, barrant toute ma clavicule droite, descendant jusque sous la poitrine. La vie d’exilée, de réfugiée valait cher, très cher.
Je bondis une nouvelle fois sur mon agresseur, bien décidée à l’éliminer au plus vite, lorsqu’une voix étouffée et paniquée retentit doucement dans la pièce, une voix que j’eus bien du mal à identifier. Je m’arrêtai net dans mon geste, tétanisée.
- Kasu’, arrête, c’est moi ! Koïchi ! Je te veux aucun mal, bordel, range tes griffes, tu vas finir par me tuer, gémit-il dans un chuchotement.
- Koïchi ?! M’étranglai-je. Qu’est-ce que tu fais là ? Tu es devenu un Traqueur ? Comment m’as-tu retrouvée ? Demandai-je précipitamment, m’éloignant de lui, toujours suspicieuse.
La silhouette en face de moi soupira, un soupir que je reconnaissais avec tant de force que mon cœur se serra, un sourire apparaissant sur mes lèvres.
- C’est Philos qui m’envoie. Cela fait plus de 6 ans qu’il envoie sans cesse des équipes en lesquelles il a confiance pour te chercher, pour devancer les Traqueurs du Conseil contre qui il ne peut rien. Beaucoup veulent te savoir morte, tu sais, dit-il, ses pupilles marron clair brillant d’inquiétude à la lueur de la Lune qui perçait à travers les carreaux de la pièce.
Mes griffes rentrèrent dans ma main droite que je me mis à masser, peu habituée à cette douleur, peu habituée à cette arme que je n’avais pas utilisée depuis longtemps. Il ne me laissa pas le temps de répliquer.
- Mais cette fois-ci, je suis désolé, Kasumi … Ils t’ont retrouvée, ils arriveront d’une minute à l’autre. Ils viennent pour te tuer. J’ai réussi à les envoyer sur une fausse piste qui devrait nous faire gagner du temps … Tu dois changer d’endroit. Déménage encore, trouve toi une autre planque … me supplia-t-il.
Je le fixai sans comprendre, avant de me tourner brièvement vers ma chambre où dormait ma petite lumière. Koïchi-ou quelque soit son nouveau nom désormais- suivit mon regard, avant de planter ses yeux dans les miens, pleins d’incompréhension.
- Je ne peux plus fuir, dis-je au bout d’un instant. Ce n’est plus comme autrefois, je … commençai-je ma phrase sans réussir à la terminer.
Je le regardai soudain, avant de lui prendre le poignet pour l’emmener dans ma chambre où une petite lampe éclairait ma fille endormie. Il la regarda sans comprendre, avant que je ne me mette à chuchoter :
- Voilà pourquoi je ne peux plus fuir. Elle ne comprendrait pas …
- Mais Kasu’, ils arrivent, gémit-il sur le même ton que moi. Ils veulent te tuer, et ils réserveront le même sort à ta fille !
Paniquée, je regardai la petite forme qui dormait paisiblement dans ses draps. Je m’approchai d’elle pour la couvrir, la regardant quelques petites secondes avec tendresse. Je revins vers Koïchi, mes yeux emplis d’uns tristesse sans nom.
J’avais pris ma décision.
- Koïchi … je te confie Mitsuki. Emmène-la à Terrae, mets-la sous la protection de Philos. Il comprendra qui elle est, j’en suis sûre.
Je lui jetai un regard transperçant.
- Je ne veux pas qu’il lui arrive quoi que ce soit. Elle est plus que toute ma vie, tu comprends ? Ajoutai-je d’un ton plus doux. Je ne veux pas la perdre … Et la savoir à Terrae me soulagera de cette inquiétude. Là bas, elle grandira en paix, heureuse… Tout ira bien pour elle, dis-je d’une voix un peu étranglée.
Je regardai Koïchi.
- C’est la seule solution.
Il finit par détourner le regard, attristé.
- Je comprends, souffla-t-il. Mais tâche de revenir vivante. Cette petite ne supporterait pas la perte de sa mère … Et je ferai une bien piètre maman de substitution, plaisanta-t-il faiblement.
Je lui adressai un petit sourire.
- C’est le seul moyen de leur échapper.
Il me regarda avec tristesse.
- Tu ne pourras pas les retenir à toi toute seule. Tu vas mourir, Kasumi, si tu ne fuis pas avec nous …
Je ne lui répondis pas et me détournai, allai réveiller ma petite chérie d’un baiser sur le front. Lorsque celle-ci fut tirée des bras de Morphée, frottant ses yeux de ses petits poings, je lui dis, agenouillée auprès de mon lit sur lequel elle était encore assise :
- Mon ange, je te présente Koïchi, c’est un ami d’enfance. Il va t’emmener dans un endroit merveilleux, un endroit où il y a des tours gigantesques et des grandes bibliothèques, des forêts immenses, des plaines superbes, une grande plage comme en bas de la maison, et plein de gens qui seront là pour t’aider et pour t’aimer. Je n’ai pas le temps de t’expliquer mon cœur, file vite préparer tes affaires, va t’habiller, tu dois partir maintenant.
Ma petite fille me regarda sans comprendre.
- Mais Maman, je veux pas partir sans toi … Tu viens avec moi, hein ? Me demanda-t-elle avec un sourire qui me faisait fondre, son sourire auquel je ne pouvais d’habitude résister.
Je secouai la tête.
- Non ma chérie. Tu iras toute seule. Maman … Maman ne pourra pas te suivre pour ce voyage là, dis-je avec un sourire qui démentait la boule que j’avais dans la gorge.
Elle me serra dans ses bras, se mit à sangloter.
- Non, Maman, maman, je ne veux pas que tu partes loin de moi ! Je ne veux pas … répéta-t-elle entre ses sanglots.
Je la berçai avec douceur, me forçant à retenir mes larmes qui ne coulaient plus depuis bientôt six ans. Je finis par me détacher d’elle.
- Je te promets que je serai toujours avec toi, lui soufflai-je avec tendresse. Toujours là, dis-je en posant ma main sur son cœur qui s’agitait en battements désordonnés. Je ne partirai jamais … Jamais loin de toi, mon ange … dis-je en la serrant de nouveau dans mes bras.
Mitsuki sécha ses larmes. Elle se tourna vers Koïchi, avant de me regarder de nouveau.
- Bon… Je vais y aller alors … Mais tu me promets de me rejoindre, hein ? Dit-elle avec un sourire faible.
Je lui rendis son sourire.
- Bien sûr, ma chérie. Je serai avec toi, je te le jure.
La petite se détacha de moi pour se diriger vers ses affaires. Je fis un signe de tête à Koïchi, pour lui montrer la direction qu’elle prenait.
- Occupe toi d’elle le temps que je fasse son sac. J’ai quelque chose de spécial à y ajouter.
Ils partirent de la chambre, tandis que je sortais de sous mon lit une boîte en carton. J’en sortis un cylindre en verre qui contenait deux petites créatures, une noire et une blanche, marquées par une pierre rouge sur le front. Deux sortes de peluches endormies. Le fameux projet sur lequel je travaillais… Le projet dont j’avais trouvé la clé. Un transfert de pouvoirs, mon pouvoir de Master. La création d’une parfaite intelligence artificielle.
Je tapai un code chiffré sur le cylindre qui libéra les deux créatures. Je les fis s’éveiller et leur créai une âme grâce à mon pouvoir de contrôle sur les machines.
Quelques minutes plus tard, j’avais enregistré un message sur les deux créatures -que j’avais baptisées Mokona, en hommage à un vieux manga- et je rejoignais ma fille avec son sac d’affaires. J’y avais mis, en plus de presque tous ses vêtements, une photo de nous deux prise il y a quelques jours, et un livre que nous avions commencé à lire ensemble. Je lui donnai, juste après son sac, les deux peluches qui s’agitaient autour d’elle en exclamations joyeuses.
Je regardai, attendrie, ce petit spectacle. J’espérais que ces créations pourraient alléger le poids de ma disparition pour elle …
- Ma chérie, je comptais te les offrir plus tard, mais le temps presse … je te présente les Mokona. Ce sont tes nouveaux amis … Ils sont très affectueux et pratiques, tu découvriras ça au fil du temps, dis-je avec un léger sourire, en voyant les Mokona faire connaissance avec Mitsuki, que j’avais programmée comme «Seule utilisatrice », tandis que moi étais nommée « Créatrice ».
Le Mokona blanc avait déjà logé ses grandes oreilles et sa tête dans le sac de ma fille tandis que le noir lui faisait des grimaces, la faisant rire. Je regardai ce spectacle, attendrie et heureuse.
Puis virent le moment des « Au revoir » pour ma fille, des « Adieu » pour moi. Elle ne le savait pas … tant mieux. Je n’avais aucune chance, j’en étais persuadée.
Une dernière étreinte, un dernier baiser, une dernière promesse de retour que je ne pourrais tenir. J’entendis soudain les traqueurs à une centaine de mètres de la maison. Un d’entre eux avait fait trop de bruit pour nous échapper, à Koïchi et moi-même.
Je m’approchai de Mitsuki. J’avais une dernière chose à lui dire.
- Ma chérie … Tu voulais savoir où était, qui était ton père, n’est-ce pas ?…
Je lui soufflai quelques mots à l’oreille. Son visage se para d’un grand sourire.
- Le héros de toutes les histoires que tu me racontais, c’était lui ?! Dit-elle.
- Oui mon ange, dis-je avec un petit sourire un peu triste. Et … Là où tu vas, tu le verras. Mais ne lui dis rien… Garde ce secret pour toi, ajoutai-je sans la regarder.
Les traqueurs étaient là. Je serrai ma fille une dernière fois dans mes bras, avant de dire à Koïchi :
- Il y a une porte dans ma chambre. Passez par derrière, je les retiendrai.
Koïchi me regarda, avant de me serrer dans ses bras brièvement.
- Kasumi, Claw, tes yeux ont encore changé. Tu n‘es plus la fille perdue d‘autrefois ... Tu es devenue tellement belle… Tu peux être sûre que jamais je ne t’oublierai, souffla-t-il, des larmes aux yeux.
Je lui fis un grand sourire, le sourire de la Kasumi qu’il avait autrefois connue. Faisant le signe de la victoire de mes deux doigts, je lui dis :
- Mes yeux n’ont pas changé, tu sais. C’est juste que j’avais enfin trouvé quelque chose pour les faire briller de bonheur. Et tu sais … Les Aigles ne meurent jamais. Je m’arrangerai pour t’embêter depuis les nuages.
Deux larmes roulèrent sur ses joues, je me retournai pour tenter de ne pas les voir. J’ouvris la porte d’entrée tandis que Koïchi et Mitsuki sortaient en compagnie des deux Mokona.
Devant l’entrée m’attendaient quatre Traqueurs. Je sortis, fermai la porte derrière moi.
- Bonjour, leur dis-je. Alors comme ça, c’est vous les nouveaux chiens à la botte du Conseil ?
Je posai mes mains sur mes hanches, les défiant du regard, tandis que deux Traqueurs sortirent des épées, deux autres créèrent des boules enflammées ou électriques au bout de leurs mains. J’eus un petit sourire en constatant que, face à eux, je n’avais que ma robe de ce jour là pour me protéger.
En un sens c’était suffisant. J’avais tout ce qu’il me fallait pour leur faire face…
- Déserteur Claw, vous êtes accusée de meurtre, tentative de meurtre et de fuite de Terrae face à votre jugement qui consistait alors en un effacement de mémoire et un retrait de pouvoirs. Votre sentence est désormais la mort. Rendez vous et on s’arrangera pour ne pas vous faire souffrir.
- Je vois que le Conseil fait preuve d‘une grande mansuétude à mon égard, dis-je avec un léger sourire. Allez tous vous faire voir. Jamais je ne courberai l’échine.
Soudain, alors que j’allais sortir mes griffes, un bruit attira leur attention. Je pestai intérieurement, paniquée. Ils avaient entendu Mitsuki … Je vis soudain son ombre et celle de Koïchi au loin, qui se faufilaient un passage entre les buissons épineux. Un des Traqueurs, les repérant, envoya une salve de traits électriques sur les deux silhouettes. J’entendis ma fille crier de peur. Soudain, plus aucun bruit. Les deux silhouettes s’étaient envolées. Je me tournai vers les Traqueurs, furieuse.
Mes cheveux se mirent à voleter sous l’effet de l’électricité qui parcourait tout mon corps, tandis que j’écartais légèrement les bras pour faire sortir mes griffes de mes poings, coudes, genoux, talons.
- Vous n’auriez jamais dû … Tenter de lui faire du mal, sifflai-je, les yeux dorés étincelants.
Et je m’élançai, droit vers ma mort, droit vers ces monstres qui avaient eu le malheur de vouloir blesser ma fille.
Au bout de longues heures, j’étais à bout de forces. Un des Traqueurs était mort -celui qui avait tiré en direction de ma fille- un autre mal en point, les deux restants seulement blessés légèrement. Notre combat acharné nous avait amené sur une falaise, les vagues qui se fracassaient contres nous éclaboussant par intermittences, faisant pénétrer de l’eau salée dans mes nombreuses plaies aux ventre, aux bras.
Haletante, je reculais sous leurs coups de plus en plus forts. Bientôt, j’arrivai, piégée, au bord de la roche massive, perchée au dessus de l’eau tourbillonnante et furieuse. Le Soleil allait se lever, on voyait l’horizon s’éclaircir par delà la mer bleue.
Soudain, un des Traqueurs m’envoya un projectile qui se plaqua contre mon poignet. Ce projectile prit la forme d’un bracelet, avec pour symbole l’inverse du pentagramme de Terrae -le symbole des Traqueurs. Je tentai de faire sortir de nouveau mes griffes -impossible. Je tentai de faire appel à mes pouvoirs … Impossible. Ils avaient bloqués mes pouvoirs …
Je relevai ma tête tachée du sang de mes adversaires, comprenant soudain.
Ils allaient m’abattre sans me laisser aucune chance.
Je les fixai, impénétrable. J’avais pris ma décision.
Je fis deux pas en arrière, me retrouvant au bord du précipice.
Je levai mes yeux vers le ciel, vers le Soleil qui se levait enfin.
J’avais passé la nuit.
J’avais tenu la nuit pour sauver ma fille.
Un sourire de pur bonheur s’étira sur mes lèvres, tandis que je contemplais, extatique, la lumière du Soleil inonder le ciel sans défaut aucun.
Je reportai soudain mon regard et mon visage sans plus d’autre expression que la dureté et la fierté sur les Traqueurs. Ma robe blanche et bleue battait au vent, collée à mon corps en certains endroits par mon sang qui s’écoulait doucement hors de moi, mon sang que je comptais pas, que je ne sentais pas partir.
Je me mis sur la pointe des pieds, avec un léger sourire. Mes lèvres articulèrent les mots suivants à l’égard des traqueurs en face de moi :
« Les Aigles volent, volent libres et ne s’arrêtent jamais de voler… Vous ne m’aurez jamais. »
J’écartai les bras, contemplant le ciel, avant de me laisser tomber en arrière, dans le vide, ce vide qui m’attirait, ce vide qui était ma délivrance et la fin de ma peur, la fin de ma haine, la fin de ma douleur.
Durant ma chute, je ne vis pas ma vie défiler, comme on m‘avait dit que cela arrivait dans ces cas-là. Je vis simplement mes anciens amis, amis qui me souriaient, amis que je voyais heureux.
Je voyais Yujiro et Yureka, amoureux, qui me souriaient comme autrefois. Ils me félicitaient en me disant qu’ils veilleraient sur ma fille …
Je vis aussi Storm, Karasu, Koïchi, tous mes amis qui étaient regroupés, et qui me souriaient, qui me pardonnaient.
Je vis ma fille à ses seize ans, belle, intrépide, heureuse, toujours souriante. Son si beau sourire …
Puis je le revus Lui. Je fermai les yeux pour mieux savourer tous ces souvenirs que j’avais gardés enfermés dans la petite boîte de mon cœur, boîte qui s’ouvrait pour laissait s’échapper les jours heureux, le bonheur.
Je me souvenais de tout : ses sourires, ses regards, son rire, ses baisers, la douceur de sa peau, les battements de son cœur.
« Je t’aime » hurla mon âme tandis que mon corps plongeait dans l’eau glacée.
« Je vous aime » cria mon cœur lorsque cette même eau entra dans mes poumons et arrêta toutes mes fonctions vitales.
J’ouvris les yeux sous l’eau. Ma robe teintée de rouge était redevenue blanche. Blanc pur. Je souris.
C’était fini.
La voix de Dark me berça tout le long de ma lente agonie. A chaque soubresaut de mon cœur, sa voix se faisait plus forte et plus douce, plus triste et plus belle.
Je ne me réveillai pas.
Lorsque j’ouvris les yeux, j’étais auprès de ma fille, flottant doucement à ses côtés, sans doute quelques jours après son arrivée à Terrae.
Elle croisait celui qui avait bercé mes rêves. Elle le croisait, se plantait devant lui, faisant se défier leurs deux paires d’yeux du même violet profond.
Les Mokona se placèrent face à lui dont je ne pouvais voir le visage, joignirent leurs mains tandis que leurs pierres se mettaient à luire.
« Nous avons un message de la Créatrice pour toi. » clamèrent-ils avant de projeter le message que j’avais enregistré avant de les confier à ma fille.
Mon image apparut, moi et mes cheveux bouclés et ma robe des jours heureux.
« Dark, avais-je dit. Excuse ce dernier message, excuse ce temps que je te prends. Je veux seulement te dire une dernière chose, une dernière chose avant de te laisser à tout jamais. Tu sais, j’ai finalement réussi, au cours de mon exil, à trouver quelqu’un que j’aimais plus que toi. »
Mon image eut un beau sourire.
« Cette personne est juste devant toi, sans doute en train de se cacher derrière les Mokona, te contemplant d’un air suspicieux. C’est Mitsuki, ma lumière d’espoir, la plus belle des Lunes. Elle éclaira mes nuits les plus sombres par son sourire… »
Mon image fixa Dark.
« Je te la confie. Je te confie le plus grand trésor de ce qu’il est resté de ma vie … Puisses-tu en prendre soin. »
Je fixai Dark avec un beau sourire, les prunelles de mon image holographiques emplies de tristesse et d’une lueur que je ne pouvais identifier.
« Je ne t’embêterai plus désormais. Tu peux vivre ta vie, je n’existe plus, je surveille ma fille depuis les nuages sans doute à cet instant même. J’ai donné ma vie pour lui offrir une chance de te trouver, de trouver Terrae. Tu sais Dark … Je n’ai jamais réussi à tenir la dernière promesse que je t‘ai fait. »
Les larmes coulent sur le visage de mon image, tandis qu’elle en se départit pas de son sourire, toujours plus douloureux mais en un sens plus beau.
« Je n’ai jamais pu t’oublier … Ni arrêter de t’aimer. Adieu, Dark. Pardonne moi … »
Même des nuages, alors que mon rêve m’aspire pour toucher à sa fin, je ne peux discerner et comprendre l’expression qui se peint sur les traits du visage de l’homme que j’aime … Figure incompréhensible et belle, figure marmoréenne qui reste gravée en moi, en moi comme la berceuse de ce soir là. »
Cette fois-ci j’ouvre les yeux. Je me redresse dans mon lit, secoue la tête pour chasser mes cauchemars et mes peurs. Rêver sa mort est une expérience troublante et dangereuse, m’avait un jour dit un de mes professeurs, dans un passé qui me semble tellement lointain désormais.
Je pose mes pieds sur la moquette rêche de la chambre dans laquelle je me suis terrée. J’avance doucement, indifférente à l‘heure, jusqu’à ma salle de bains. Je regarde mes cheveux noirs corbeau, ces cheveux avec lesquels j’ai pu piéger mes poursuivants.
L’eau coule dans ma douche, la teinture noire suit, glissant sur mes cheveux sans aucune difficulté.
Je n’essaye pas de penser, j’essaye de ne pas réfléchir à ce que j’ai vu cette nuit.
Qui es-tu, petite fille si douce qui hante mes rêves ?
Qui es-tu, toi que je souhaite plus que tout à mes côtés ?
Je me sèche les cheveux, et, encore trempée, j’ouvre un sac plastique, laissant tomber une perruque de cheveux courts et blonds.
Le nom que j’ai donné à Storm et Karasu me plaît. Je vais le garder pour vivre une nouvelle vie là où je me rends.
Je me sèche, m’habille, et mets cette perruque. Je pose des lunettes de Soleil sur mes yeux, j’enfile ma veste en cuir marron, un pantalon en jean troué, un haut banal et des escarpins noirs. Je ne peux être trahie que par mes yeux verts.
Je prends mes maigres affaires, règle ma chambre, pars de nouveau, pied au plancher dans ma Porsche sombre qui ronronne comme un chat.
Le regard rivé sur la route, pensive, le désert à perte de vue devant moi, je ne pleure plus. Je me suis jurée de ne plus faiblir.
A côté de moi, des dizaines de feuilles racontent mon dernier rêve.
« Tchouang-Tseu rêva qu’il était un papillon. Mais n’est-ce pas le papillon qui rêve qu’il est Tchouang-Tseu ? »
Qui est cette femme de ce rêve, cette femme qui me ressemble tant ? Est-ce moi qui rêve d’elle, elle qui rêve de ses jours de fuite passés ? Ne suis-je au final, que son passé, elle mon avenir ? Toutes ces questions s’entrechoquent dans mon esprit et j’ai bien du mal à rester sur la ligne droite qui s’étale devant moi, coupant le désert en deux.
Mitsuki … Qui es-tu réellement ? Vision de mon futur, ou avertissement ?
Je pose une main sur mon ventre, pensive, avant de saisir de nouveau mon volant des deux, comme dans un éclair de lucidité. Sauf que depuis bien des jours et des jours je suis très, trop lucide. Pourquoi ? Qui ?…
Dans mon cœur, il y a sans doute la réponse.
Belle Lune, lumière d‘espoir, la seule chose que je sais …
Je me mords la lèvre, allume la radio pour tenter de me faire oublier ton visage à travers la musique paisible qui s’élève. Le bruit du piano ne m’aide pas, au contraire. Ton visage me hante et me berce, sans que je sache pourquoi.
… D’une façon ou d’une autre tu es gravée en moi.

Claw- Master

- Nombre de messages: 1791
Age: 16
Localisation: Là où tu ne me chercheras pas- dans ton dos- pour te frapper en plein coeur.
Date d'inscription: 13/09/2008
Feuille d'inscription
Âge: 17 annes de solitude et d'ennui
Affinité: Tu connais les coups de foudre ? J'en suis un au sens propre !
Rang: Traqueuse sans pitié ... Tu ne m'échapperas pas.

Re: Carnet de Claw
"KASUMI (aussi connu sous le nom de A5/3) est un algorithme de chiffrement par bloc utilisé dans le cadre de la téléphonie mobile avec la norme 3GPP. KASUMI est employé pour la confidentialié (f8) et l'intégrité (f9) de 3GPP."
Mes yeux butent sur ces quelques lignes lues sans attention dans un énième magazine sur l'informatique. Celui-ci traite d'histoire de l'informatique, je l'avais acheté par pure curiosité et je le lisais dans ma chambre d'hôtel au douzième étage d'un immeuble de Los Angeles fraîchement acquise.
Mon regard lit, relit encore une fois ces lignes sans que je les croie. J'en regarde de nouveau la source. Un frisson parcourt mon échine. C'est l'ancienne entreprise de mes parents... Je laisse tomber le magazine par terre, me précipite sur mon petit ordinateur portable, et fais charger une page internet. Je tombe sur une série d'articles sans intérêt, mais trouve finalement une vidéo d'une ancienne conférence de presse. Je me mords la lèvre. C'est mes parents. Ils sourient avec professionnalisme aux caméras, avant de répondre à diverses questions. Alors que la conférence touche à sa fin, une dernière question fuse.
" Mais, messieurs-dames, pourquoi avoir donné ce nom à votre nouveau programme ?"
Mon père eut un petit sourire, mais ce fut ma mère qui répondit. Elle ne souriait pas - je ne l'avais jamais vue sourire ...- mais dans ses yeux, je vis pour la première fois, briller une once de tendresse. Elle finit par dire :
" Nous lui avons donné pour nom Kasumi ... Car c'est le nom de notre fille qui vient tout juste de naître. Cet enfant et ce programme sont nés en même temps ... Mais c'est notre petite fille qui porte le mieux ce nom. Nous espérions un second héritier, mais notre enfant est déjà tellement belle que nous n'avons plus aucun regret. Elle est notre petite fierté, a meilleur titre que ce programme... "
Je ne vois pas le reste de la vidéo, je n'entends plus rien. Dans la chambre, toutes les lumières sont éteintes, les ampoules explosées. Le noir inonde mon coeur et mon esprit qui semble chuter de nouveau. Je tombe à la renverser de ma chaise, prostrée.
Dans mes yeux vides, les lumières de la ville se font aspirer.
De mes yeux vides tombent des larmes porteuses des lumières de mon coeur ...
Si seulement le présent pouvait s'effacer, l'avenir s'effondrer.
Je ne veux plus de ce passé qui me rend folle.

Claw- Master

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Localisation: Là où tu ne me chercheras pas- dans ton dos- pour te frapper en plein coeur.
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Âge: 17 annes de solitude et d'ennui
Affinité: Tu connais les coups de foudre ? J'en suis un au sens propre !
Rang: Traqueuse sans pitié ... Tu ne m'échapperas pas.

Re: Carnet de Claw
Enregistrement#002-Par Kudan.
[Cette fois-ci, lorsque la caméra s‘allume, on constate que l’endroit a changé. On se trouve dans une petite chambre d’hôtel. Des robes de soirée en pagaille, des affaires sont étalées un peu partout dans la chambre, qui est dans un bazar épouvantable. Une cigarette fume encore dans le cendrier posé sur le rebord de la fenêtre ouverte sur la ville. Plus loin, on voit la mer, entre deux immeubles high-tech. La caméra est d’une bien meilleure résolution, volète sans à-coups, et le son est plus clair. Une jeune femme s‘avance. Elle est blonde, a les cheveux courts et lisses. La voir en entière nous fait constater qu’elle semble moins fragile, moins perdue. Tous ses gestes sont sûrs, précis et rapides, ses déplacements sinueux et fluides. Seuls ses yeux verts nous permettent de la reconnaitre. Elle regarde à nouveau la caméra avant de commencer à parler.]
« J’ai pris la route, j’ai de nouveau changé d’endroit où aller. J’ai choisi un endroit à la fois familier et inconnu, un endroit aussi actif de jour que de nuit. J’ai voyagé jusqu’à Los Angeles, avec pour but de tester mes capacités en milieu réel. Et pour le moment, si on omet ma rencontre avec Storm et Karasu, aucun dérapage. Je crois que de toute manière ils ont compris, à la fois compris qui je suis et compris que je reviendrai seule. »
[La jeune femme a un léger rire.]
« Je suis à peine arrivée que je me sens déjà envahie par la fièvre de la nuit. J’apprends à me perdre sans jamais me retrouver, je me fracasse avec délectation sur la nuit et ses attraits, sur l’alcool, sur la danse, sur les bruits, sur les rues noires et froides. Je me brise avec délice contre mon esprit à la dérive, je deviens la reine de la nuit. Je mets une perruque blonde et me voilà américaine, c’est tellement facile de le devenir ici. On se perd dans la foule, on se perd sans jamais se retrouver sur les platines du dernier Dj à la mode. Je fricote avec tout le monde, pas un seul ne me touche. Le moindre regard, geste déplacé, et mes gestes fusent avant mes mots, par pur réflexe.
Plus jamais ils ne tentent de m’attraper. »
[Elle a les yeux qui se perdent dans le vague.]
" Sous les lumières de la ville, je deviens une étoile de lumière et de strass, l’illustre inconnue invitée à n’importe quelle fête huppée parce qu’elle est la nouveauté du moment, l’objet à posséder, celle qui file entre les doigts comme de la brume »
[Elle fixe de nouveau la caméra.]
« Je profite de mes journées pour aller dans les quartiers de robotique de Los Angeles. J’ai étudié là bas, j’ai maintenant acquis un bon niveau, des conseils et des contacts en la matière. Je crois bien que j’ai découvert une nouvelle passion… Cela me permet, je pense, de ne pas devenir totalement folle en pensant à Dark, Yureka, Yujiro, à Terrae. »
[Elle soupire, refoule ses émotions avec un sang froid étonnant.]
« Grâce à ce que j’ai autrefois découvert et que je ne fais que parcourir de nouveau aujourd’hui, je m’évade, je m’en vais loin de cette réalité amère et étouffante. La coke, l’héroïne, je me fracasse contre les limites de ma raison et de mon corps, de toute manière je n’en ai rien à foutre. Ici, je suis libre, je suis forte, je me moque des règles et des conventions, je suis là pour me défouler et pour oublier, tout oublier. Oublier cette petite fille, oublier mes rêves de plus en plus prenants, pesants et réels, des rêves qui me forcent à retourner à Terrae alors que je sens au fond de moi que je ne suis pas prête. »
[Elle soupire légèrement, avant de fixer la caméra, déterminée.]
« J’ai déjà acquis la maîtrise de mes pouvoirs durant le début de mon exil, j’ai obtenu ici la déchéance que je cherchais, j’ai aussi obtenu la maîtrise, le contrôle, les connaissances. Mais il me manque quelque chose, quelque chose qu’au final j’ai cherché mais je n’ai pas encore trouvé … La sérénité. J’ai besoin de paix, de silence et de calme, de méditation et de maîtrise de mes émotions, de mes pensées. Je dois devenir impénétrable et sereine, forte en moi comme en dehors. Une jeune femme que j’ai rencontrée retourne chez elle maintenant qu’elle a fini ses études de robotique. Elle a obtenu un poste de scientifique au beau milieu du Sahara, dans une petite ville autrefois nomade qui désormais s’est fixée et sert de base pour diverses expériences sur les nouvelles technologies. Elle m’a proposé un petit poste, en temps qu’assistante, parce qu’elle sait que je veux partir d‘ici. »
[La jeune femme sourit.]
« Je vais partir avec elle. Je sais que ce poste ne me prendra pas trop de temps … Je vais pouvoir guérir de tout, maintenant que j’ai goûté à tout ce qui pouvait me détruire. La plaie de mon cœur, qui sait, se refermera peut-être là-bas. Je ne sais pas … »
[Elle soupire légèrement.]
« Adieu L.A et ses folies, L.A et sa nuit éternelle… Je vais désormais apprendre à devenir, après avoir appris à vivre puis à mourir… Dans cette petite ville sans nom qui semble tout droit sortir d’un conte des milles et une nuits. Il ne m’en faudra pas moins pour tenter de L’oublier, mais c’est le prix que je veux payer. »
[Elle sourit doucement.]
« C’est bon Kudan. Coupe ici » [demande-t-elle avec un clin d‘œil. La caméra obéit, et on voit à peine la jeune femme se téléporter près de son cendrier pour terminer sa cigarette…
[Cette fois-ci, lorsque la caméra s‘allume, on constate que l’endroit a changé. On se trouve dans une petite chambre d’hôtel. Des robes de soirée en pagaille, des affaires sont étalées un peu partout dans la chambre, qui est dans un bazar épouvantable. Une cigarette fume encore dans le cendrier posé sur le rebord de la fenêtre ouverte sur la ville. Plus loin, on voit la mer, entre deux immeubles high-tech. La caméra est d’une bien meilleure résolution, volète sans à-coups, et le son est plus clair. Une jeune femme s‘avance. Elle est blonde, a les cheveux courts et lisses. La voir en entière nous fait constater qu’elle semble moins fragile, moins perdue. Tous ses gestes sont sûrs, précis et rapides, ses déplacements sinueux et fluides. Seuls ses yeux verts nous permettent de la reconnaitre. Elle regarde à nouveau la caméra avant de commencer à parler.]
« J’ai pris la route, j’ai de nouveau changé d’endroit où aller. J’ai choisi un endroit à la fois familier et inconnu, un endroit aussi actif de jour que de nuit. J’ai voyagé jusqu’à Los Angeles, avec pour but de tester mes capacités en milieu réel. Et pour le moment, si on omet ma rencontre avec Storm et Karasu, aucun dérapage. Je crois que de toute manière ils ont compris, à la fois compris qui je suis et compris que je reviendrai seule. »
[La jeune femme a un léger rire.]
« Je suis à peine arrivée que je me sens déjà envahie par la fièvre de la nuit. J’apprends à me perdre sans jamais me retrouver, je me fracasse avec délectation sur la nuit et ses attraits, sur l’alcool, sur la danse, sur les bruits, sur les rues noires et froides. Je me brise avec délice contre mon esprit à la dérive, je deviens la reine de la nuit. Je mets une perruque blonde et me voilà américaine, c’est tellement facile de le devenir ici. On se perd dans la foule, on se perd sans jamais se retrouver sur les platines du dernier Dj à la mode. Je fricote avec tout le monde, pas un seul ne me touche. Le moindre regard, geste déplacé, et mes gestes fusent avant mes mots, par pur réflexe.
Plus jamais ils ne tentent de m’attraper. »
[Elle a les yeux qui se perdent dans le vague.]
" Sous les lumières de la ville, je deviens une étoile de lumière et de strass, l’illustre inconnue invitée à n’importe quelle fête huppée parce qu’elle est la nouveauté du moment, l’objet à posséder, celle qui file entre les doigts comme de la brume »
[Elle fixe de nouveau la caméra.]
« Je profite de mes journées pour aller dans les quartiers de robotique de Los Angeles. J’ai étudié là bas, j’ai maintenant acquis un bon niveau, des conseils et des contacts en la matière. Je crois bien que j’ai découvert une nouvelle passion… Cela me permet, je pense, de ne pas devenir totalement folle en pensant à Dark, Yureka, Yujiro, à Terrae. »
[Elle soupire, refoule ses émotions avec un sang froid étonnant.]
« Grâce à ce que j’ai autrefois découvert et que je ne fais que parcourir de nouveau aujourd’hui, je m’évade, je m’en vais loin de cette réalité amère et étouffante. La coke, l’héroïne, je me fracasse contre les limites de ma raison et de mon corps, de toute manière je n’en ai rien à foutre. Ici, je suis libre, je suis forte, je me moque des règles et des conventions, je suis là pour me défouler et pour oublier, tout oublier. Oublier cette petite fille, oublier mes rêves de plus en plus prenants, pesants et réels, des rêves qui me forcent à retourner à Terrae alors que je sens au fond de moi que je ne suis pas prête. »
[Elle soupire légèrement, avant de fixer la caméra, déterminée.]
« J’ai déjà acquis la maîtrise de mes pouvoirs durant le début de mon exil, j’ai obtenu ici la déchéance que je cherchais, j’ai aussi obtenu la maîtrise, le contrôle, les connaissances. Mais il me manque quelque chose, quelque chose qu’au final j’ai cherché mais je n’ai pas encore trouvé … La sérénité. J’ai besoin de paix, de silence et de calme, de méditation et de maîtrise de mes émotions, de mes pensées. Je dois devenir impénétrable et sereine, forte en moi comme en dehors. Une jeune femme que j’ai rencontrée retourne chez elle maintenant qu’elle a fini ses études de robotique. Elle a obtenu un poste de scientifique au beau milieu du Sahara, dans une petite ville autrefois nomade qui désormais s’est fixée et sert de base pour diverses expériences sur les nouvelles technologies. Elle m’a proposé un petit poste, en temps qu’assistante, parce qu’elle sait que je veux partir d‘ici. »
[La jeune femme sourit.]
« Je vais partir avec elle. Je sais que ce poste ne me prendra pas trop de temps … Je vais pouvoir guérir de tout, maintenant que j’ai goûté à tout ce qui pouvait me détruire. La plaie de mon cœur, qui sait, se refermera peut-être là-bas. Je ne sais pas … »
[Elle soupire légèrement.]
« Adieu L.A et ses folies, L.A et sa nuit éternelle… Je vais désormais apprendre à devenir, après avoir appris à vivre puis à mourir… Dans cette petite ville sans nom qui semble tout droit sortir d’un conte des milles et une nuits. Il ne m’en faudra pas moins pour tenter de L’oublier, mais c’est le prix que je veux payer. »
[Elle sourit doucement.]
« C’est bon Kudan. Coupe ici » [demande-t-elle avec un clin d‘œil. La caméra obéit, et on voit à peine la jeune femme se téléporter près de son cendrier pour terminer sa cigarette…

Claw- Master

- Nombre de messages: 1791
Age: 16
Localisation: Là où tu ne me chercheras pas- dans ton dos- pour te frapper en plein coeur.
Date d'inscription: 13/09/2008
Feuille d'inscription
Âge: 17 annes de solitude et d'ennui
Affinité: Tu connais les coups de foudre ? J'en suis un au sens propre !
Rang: Traqueuse sans pitié ... Tu ne m'échapperas pas.

Re: Carnet de Claw
Enregistrement #003-Par Kudan.
[La caméra s’allume dans l’obscurité. Rien ne peut la trahir sinon son léger ronronnement, presque inaudible pour qui ne sait pas se concentrer sur les détails. On ne voit que la nuit, l’obscurité autour d’elle. Elle passe en mode infrarouge, nous révélant une tente large et haute, abritant dans un coin un amas d’affaires, un matelas, et une commode pliable, ainsi qu’une table et deux chaises en rotin. Le lit est occupé, une forme recouverte par les draps est allongée dessus, ne bouge pas. La caméra, d‘une impulsion, volète jusqu’à atteindre l‘armature de la tente, perchée et désormais invisible. Elle balaye la tente, nous révélant à son autre bout un ordinateur, une plaque digitale, des croquis, des plans.
Les clés d‘une Porsche sont accrochées au mur, juste à côté d’une veste en cuir marron. Le sable s’infiltre quelque peu dans l’entrée de la tente, le pan de tissu servant d’entrée étant ouvert et révélant une partie de l’endroit par les rayons de la Lune. On distingue dans un autre coin une selle et tout un harnachement pour cheval, ainsi qu’un nécessaire de pansage sommaire.
Les personnes qui entrent dans la pièce sont inconnues.
Deux hommes entrent, silencieux, fluides, dans la tente. Ils communiquent par chuchotis presque inaudibles, ou par gestes. Leurs visages sont cachés par des pans de tissu, identiques à ceux que portent les nomades. Bien vite ils commencent à fouiller la tente, à la recherche de quelque chose. Lorsqu’ils aperçoivent le lit, un d’entre eux dégaine un revolver, tire quatre coups silencieux.]
« Désolé mes chéris, je suis plus difficile à avoir que ça. »
[L‘autre va soulever les draps, découvrant qu’ils ont tiré sur des oreillers. On entend des jurons étouffés, et finalement celui qui a tiré fait apparaître trois boules de feu en l’air, éclairant la tente. Les deux intrus retirent leurs capuches, dévoilant des visages inconnus. L’un d’entre eux est blond, a les cheveux longs attachés en une queue de cheval basse. Le second a les cheveux marron en piques. Dans leurs yeux brillent une froide détermination. Kudan les identifie comme des Traqueurs. Ils parcourent la pièce, silencieux et dangereux, à la recherche de celle qui aurait dû être morte.]
« Je suis là. »
[Tous deux relèvent la tête dans la direction de la voix moqueuse. Une jeune femme, les cheveux ivoire, longs et bouclés, est accroupie sur un meuble, en équilibre, et les regarde, ses yeux verts brillants de moquerie et de confiance. Dans sa main droite, des aiguilles fines sont placés entre ses doigts, elle joue avec, amusée, sans un regard pour les deux Traqueurs. Elle braque soudain son regard sur eux, froide et impitoyable.]
« Vous n’auriez pas dû me trouver. »
[Les aiguilles s‘envolent, les Traqueurs les évitent mais tombent au sol, soudain transpercés par une douleur foudroyante. La jeune femme saute de son perchoir, se relève avec souplesse et regarde les deux drones-serpents accrochés aux chevilles des Traqueurs. Elle se baisse tranquillement à côté des deux qui se tordent de moins en moins violemment, et pose son index sur ses lèvres.]
« Chuut … vous allez réveiller tout le campement. »
[Les Traqueurs cessent de bouger, les yeux révulsés. La jeune femme regarde les drones, qui se détachent des chevilles des deux hommes et vont se ranger dans un petit panier en osier. Elle fouille tranquillement les deux Traqueurs, leur volant leurs émetteurs GPS, leurs affaires, ne leur laissant au final que leurs vêtements, tout leur équipement désormais sien. Elle range tout, garde uniquement les émetteurs qu‘elle range dans une petite sacoche accrochée autour de sa taille. Elle regarde les Traqueurs, puis finit par se téléporter.]
« Accrochons déjà ceci à des oiseaux migrateurs. Ce serait bête qu’on vous croie ici, hm ?… »
[Elle revient quelques minutes plus tard, s‘accroupit auprès des deux hommes et les regarde avec une mine faussement vexée.]
« Vous avez de la chance, je ne dormais pas. Si vous m’aviez réveillés vous seriez morts. Mais comme je ne dormais pas, et que de surcroît, vous êtes un Master Sensitif et un Invisible … Je vais juste vous larguer au beau milieu de nulle part. J’espère sincèrement que sans votre équipement, vos armes et votre argent vous arriverez à rentrer à Terrae. »
[Elle leur fait un bref sourire, un faux. Puis elle les saisit par le col de leurs chemises, et dit innocemment : ]
« J’espère que vous aimez la Russie. On m’a dit qu’il faisait froid là bas en ce moment. Rassurez-vous, d’ici deux minutes on y est, et d’ici cinq le venin paralysant aura été éliminé par votre organisme. Alors souriez ! La vie est belle. »
[Elle a un léger rire, et se téléporte, laissant derrière elle un léger grésillement électrique. La caméra cesse de tourner à ce moment là, faute de batterie.]
Enregistrement #003-Par Kudan, fin.
[La caméra s’allume dans l’obscurité. Rien ne peut la trahir sinon son léger ronronnement, presque inaudible pour qui ne sait pas se concentrer sur les détails. On ne voit que la nuit, l’obscurité autour d’elle. Elle passe en mode infrarouge, nous révélant une tente large et haute, abritant dans un coin un amas d’affaires, un matelas, et une commode pliable, ainsi qu’une table et deux chaises en rotin. Le lit est occupé, une forme recouverte par les draps est allongée dessus, ne bouge pas. La caméra, d‘une impulsion, volète jusqu’à atteindre l‘armature de la tente, perchée et désormais invisible. Elle balaye la tente, nous révélant à son autre bout un ordinateur, une plaque digitale, des croquis, des plans.
Les clés d‘une Porsche sont accrochées au mur, juste à côté d’une veste en cuir marron. Le sable s’infiltre quelque peu dans l’entrée de la tente, le pan de tissu servant d’entrée étant ouvert et révélant une partie de l’endroit par les rayons de la Lune. On distingue dans un autre coin une selle et tout un harnachement pour cheval, ainsi qu’un nécessaire de pansage sommaire.
Les personnes qui entrent dans la pièce sont inconnues.
Deux hommes entrent, silencieux, fluides, dans la tente. Ils communiquent par chuchotis presque inaudibles, ou par gestes. Leurs visages sont cachés par des pans de tissu, identiques à ceux que portent les nomades. Bien vite ils commencent à fouiller la tente, à la recherche de quelque chose. Lorsqu’ils aperçoivent le lit, un d’entre eux dégaine un revolver, tire quatre coups silencieux.]
« Désolé mes chéris, je suis plus difficile à avoir que ça. »
[L‘autre va soulever les draps, découvrant qu’ils ont tiré sur des oreillers. On entend des jurons étouffés, et finalement celui qui a tiré fait apparaître trois boules de feu en l’air, éclairant la tente. Les deux intrus retirent leurs capuches, dévoilant des visages inconnus. L’un d’entre eux est blond, a les cheveux longs attachés en une queue de cheval basse. Le second a les cheveux marron en piques. Dans leurs yeux brillent une froide détermination. Kudan les identifie comme des Traqueurs. Ils parcourent la pièce, silencieux et dangereux, à la recherche de celle qui aurait dû être morte.]
« Je suis là. »
[Tous deux relèvent la tête dans la direction de la voix moqueuse. Une jeune femme, les cheveux ivoire, longs et bouclés, est accroupie sur un meuble, en équilibre, et les regarde, ses yeux verts brillants de moquerie et de confiance. Dans sa main droite, des aiguilles fines sont placés entre ses doigts, elle joue avec, amusée, sans un regard pour les deux Traqueurs. Elle braque soudain son regard sur eux, froide et impitoyable.]
« Vous n’auriez pas dû me trouver. »
[Les aiguilles s‘envolent, les Traqueurs les évitent mais tombent au sol, soudain transpercés par une douleur foudroyante. La jeune femme saute de son perchoir, se relève avec souplesse et regarde les deux drones-serpents accrochés aux chevilles des Traqueurs. Elle se baisse tranquillement à côté des deux qui se tordent de moins en moins violemment, et pose son index sur ses lèvres.]
« Chuut … vous allez réveiller tout le campement. »
[Les Traqueurs cessent de bouger, les yeux révulsés. La jeune femme regarde les drones, qui se détachent des chevilles des deux hommes et vont se ranger dans un petit panier en osier. Elle fouille tranquillement les deux Traqueurs, leur volant leurs émetteurs GPS, leurs affaires, ne leur laissant au final que leurs vêtements, tout leur équipement désormais sien. Elle range tout, garde uniquement les émetteurs qu‘elle range dans une petite sacoche accrochée autour de sa taille. Elle regarde les Traqueurs, puis finit par se téléporter.]
« Accrochons déjà ceci à des oiseaux migrateurs. Ce serait bête qu’on vous croie ici, hm ?… »
[Elle revient quelques minutes plus tard, s‘accroupit auprès des deux hommes et les regarde avec une mine faussement vexée.]
« Vous avez de la chance, je ne dormais pas. Si vous m’aviez réveillés vous seriez morts. Mais comme je ne dormais pas, et que de surcroît, vous êtes un Master Sensitif et un Invisible … Je vais juste vous larguer au beau milieu de nulle part. J’espère sincèrement que sans votre équipement, vos armes et votre argent vous arriverez à rentrer à Terrae. »
[Elle leur fait un bref sourire, un faux. Puis elle les saisit par le col de leurs chemises, et dit innocemment : ]
« J’espère que vous aimez la Russie. On m’a dit qu’il faisait froid là bas en ce moment. Rassurez-vous, d’ici deux minutes on y est, et d’ici cinq le venin paralysant aura été éliminé par votre organisme. Alors souriez ! La vie est belle. »
[Elle a un léger rire, et se téléporte, laissant derrière elle un léger grésillement électrique. La caméra cesse de tourner à ce moment là, faute de batterie.]
Enregistrement #003-Par Kudan, fin.

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Age: 16
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